Licence : Étude du sexe chez des huîtres creuses C. gigas

Contexte
L’huître creuse Crassostrea gigas est une espèce hermaphrodite à tendance protandre de type alternatif irrégulier, c’est-à-dire qu’une plus grande proportion d’animaux est mâle lors de la première saison de reproduction, puisque des changements de sexe alternent chez un même individu lors de saison de reproduction ultérieure. Le genre du sexe de cette espèce a été étudié à partir de familles pendant 2 années (Guo et al., 1998). Malheureusement, le sexe ratio en première, puis en seconde année d’élevage, n’a pas été obtenu à partir des mêmes individus, rendant l’interprétation des résultats difficile. Un modèle du déterminisme génétique du sexe a cependant été proposé, basé sur un seul locus composé d’un allèle dominant mâle (M) et d’un allèle femelle protandre (F). D’après ce modèle, les huîtres ont donc deux génotypes : MF correspondant au phénotype du « vrai » mâle qui ne change pas de sexe, et FF correspondant au phénotype femelle protandre qui mature comme mâle lors de la première saison avec une capacité de changement de sexe lors des saisons suivantes. Récemment, ce modèle a été étendu à trois génotypes avec les génotypes MM et FF pour les mâles et les femelles respectivement, et qui ne changent pas de sexe, et MF pour les individus mâles lors de la première saison de reproduction capable de changer de sexe (Hedrick and Hedgecock, 2010). Cependant, il a été observé grâce à un suivi individuel d’huîtres marquées que des femelles en première saison de reproduction devenaient des mâles en seconde année de reproduction chez C. gigas (Lango Reynoso, 1999; Flahauw 2013 ). Ce phénotype et son génotype associé ne sont donc pas supportés par le modèle actuel du déterminisme génétique du sexe. Malgré l’importance majeure de C. gigas dans l’aquaculture mondiale et française, les connaissances des processus génétiques et environnementaux du déterminisme du sexe sont encore limitées.

Objectifs, programme de travail et résultats attendus
Le travail consistera à sexer des huîtres en 2020. Des familles d’huîtres ont été produites en 2013, puis élevées sur estran dans le bassin de Marennes-Oléron. Ces huîtres sont ainsi sexées chaque année depuis 2014. A partir de familles à phénotypes contrastés (tendance femelle-mâle ou tendance aux changements de sexe), d’autres familles ont été produites en 2016, lesquelles sont également sexées chaque année depuis 2017.
Dans le cadre de ce stage, le stagiaire sera en charge de réaliser le sexage et de la biométrie des huîtres en 2020. Deux méthodes non destructrices seront utilisées pour le sexage : la ponte spontanée ou la biopsie. Le stagiaire enregistrera également les mortalités, la croissance, et s’assurera du marquage individuel des animaux. Il sera amené à travailler sur les parcs ostréicoles du LGPMM, au laboratoire du LGPMM et dans la plateforme des mollusques marins de La Tremblade.

Merci de transmettre votre candidature à Lionel Dégremont , encadrant scientifique.