Stratégies du dispositif de surveillance

En s’appuyant sur les outils réglementaires disponibles, deux approches méthodologiques de surveillance complémentaires, fondées sur les risques, ont été développées pour répondre aux objectifs de surveillance fixés. L’objectif de ces approches est de maximiser les chances de détection d’un agent pathogène exotique ou émergent afin de raisonner les ressources humaines et financières allouées à la surveillance de la santé des coquillages marins.

(1) Une stratégie de surveillance événementielle des mortalités de mollusques marins sauvages et d’élevage est mise en œuvre afin de détecter précocement les infections dues à des agents pathogènes émergents. Il s’agit d’une surveillance passive réalisée en continu, généraliste et réactive, s’appuyant sur la déclaration obligatoire des épisodes de mortalité de mollusques par les conchyliculteurs/pêcheurs. La précocité de la détection des agents pathogènes est capitale pour la maîtrise de la maladie associée. Il est donc indispensable d’obtenir une sensibilité et une réactivité élevées de la surveillance événementielle aux différentes étapes clés. La surveillance événementielle des hausses de mortalité chez toutes les espèces de mollusques répond aux exigences de la Directive 2006/88/CE, du décret n°2008-1141 et de l’arrêté ministériel du 04 novembre 2008.

(2) Une stratégie de surveillance programmée et ciblée est mise en œuvre afin de détecter précocement les infections dues à des agents pathogènes exotiques affectant les mollusques marins sauvages et d’élevage. Elle repose sur la recherche active de données par des actions programmées à l’avance et s’appuie sur le suivi et l’enregistrement réguliers d’indicateurs zootechniques, sanitaires ou environnementaux. La surveillance ciblée sur les infections réglementées chez toutes les espèces de coquillages répond aux exigences de la Directive 2006/88/CEdécret n°2008-1141 et de l’arrêté ministériel du 29 juillet 2013.

L’émergence et l’introduction d’agent pathogène exotique étant des évènements plutôt rares, ces stratégies de surveillance sont fondées sur les risques, c’est-à-dire qu’elles sont réalisées sur les unités épidémiologiques (populations, zones géographiques, périodes…) qui présentent un risque particulier et qui facilitent la mise en évidence de l’infection surveillée. Cette modalité de surveillance implique la mise en place préalable d’une démarche d’analyse de risque, à travers des études scientifiques dédiées, afin d’identifier les unités épidémiologiques sur lesquelles cibler les efforts de surveillance. La surveillance fondée sur une analyse des risques répond aux exigences de la Directive 2006/88/CE.