Historique du dispositif de surveillance

Contexte

Dans les années 1970-1980 la conchyliculture française a subi plusieurs situations de crise avec deux épizooties majeures qui ont touchées l'huître plate (Ostrea edulis) causées par deux protozoaires parasites Bonamia sp. et Marteilia sp. et l'huître creuse (à l'époque il s'agissait de l'huître portugaise, Crassostrea angulata) probablement causée par un Iridovirus. A l'issue de ces épizooties, la population d'huîtres creuses s'est trouvée quasiment décimée et des importations d'huître japonaise (Crassostrea gigas) ont été effectuées, espèce qui a peu à peu entièrement remplacée la population indigène.

Fortement marquée par ces épisodes, la France, un des plus grands pays conchylicoles d'Europe, a mis en place en 1992 le réseau REPAMO, réseau de surveillance de la santé des mollusques.

Objectifs

Coordonné par l'Ifremer, sous délégation du Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation, ce réseau assure une surveillance zoosanitaire (i.e. sur des maladies touchant les animaux mais n'affectant pas l'homme) des populations de mollusques marins sauvages et d'élevage. Les objectifs sont de détecter et d'identifier le plus précocement possible les agents pathogènes infectieux associés aux épisodes de mortalité afin d'aider l'autorité compétente à mettre en œuvre, si cela est possible, des actions visant à limiter la propagation des maladies.

Différents textes réglementaires régissent les actions dans ce domaine de la surveillance sanitaire, notamment la Directive européenne 2006/88/CE du 24 octobre 2006 et sa transposition en droit français et le Code sanitaire pour les animaux aquatiques de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

Evolutions

Le réseau REPAMO a évolué au cours du temps.

De 2015 à 2017, le dispositif de surveillance était constitué de 3 réseaux, REPAMO 2, RESCO 2 et MYTILOBS 2, avec des objectifs différents.

- RESCO 2 et MYTILOBS 2 effectuaient un suivi régulier de populations d'animaux "sentinelles" (huîtres creuses  pour RESCO 2 et moules bleues dans le cas de MYTILOBS) déployées sur des "sites ateliers" au sein des principaux bassins de production de coquillages (12 sites pour RESCO 2 et 9 sites dans le cas de MYTILOBS 2). Une à deux fois par mois des visites des sites étaient réalisées afin de mesurer le taux de mortalité et différents paramètres environnementaux. En cas de hausse de mortalité, des prélèvements d'animaux étaient faits pour recherche d'agents pathogènes.

- REPAMO 2 s'occupait quant à lui des mortalités des populations de coquillages autres que moules bleues et huîtres creuses (surveillance événementielle, liée aux déclarations de hausse de mortalité par les pêcheurs) avec prélèvements et analyses. Dans les cas où aucun site atelier ne se trouvait à proximité des lieux de hausse de mortalité, des moules bleues et huîtres creuses pouvaient alors être prélevées.

La surveillance planifiée de RESCO 2 et MYTILOBS 2 a été arrêtée fin 2017. Les réseaux RESCO et MYTILOBS existent toujours mais ne sont plus intégrés au dispositif de surveillance et ne sont plus utilisés qu'à des fins de recherche.

La surveillance événementielle de REPAMO est donc à nouveau étendue, depuis 2018, à toutes les espèces de mollusques marins.