Rade de Brest

Description géographique des sites suivis pour ROME

Les stations étudiées pour le réseau Rome en Bretagne se situent dans la Rade de Brest (Finistère) une grande baie de 180 km2, en façade atlantique et aux côtes très découpées (350 km de linéaires au total).
Les points  Rivière de Daoulas - Rosmelec  (eau apports anthropiques) et Kersanton (huîtres) sont soumis à l’effet de la Mignonne qui est un petit fleuve côtier du Finistère (Bretagne) d'un linéaire total de 21 km et alimenté par un bassin versant de 111 km2. Sa source se situe dans les monts d’Arrée. Ce cours d'eau arrose les communes du Tréhou, de Saint-Urbain, d’Irvillac et enfin Daoulas où se trouve son embouchure qui forme une ria connue sous le nom de « Rivière de Daoulas ».
« Lanvéoc large » (suivi par le réseau REPHY) est un point de prélèvement eau large situé au milieu de la rade de Brest, dans une zone de mélange entre les eaux marines provenant du goulet et les eaux estuariennes de l'Elorn (5.5 m3/s) et surtout de l’Aulne (20 m3/s).

Localisation et coordonnées des trois sites ROME

Point Rivière de Daoulas-Rosmelec (eau, apports anthropiques): 48.348835 ; -4.292842
Point Kersanton (coquillages, huîtres creuses): 48.344, -4.300555
Point Lanvéoc large (eau du large) situé dans le parc naturel marin d’Iroise : 48.309405 ; -4.44852

Des enjeux économiques liés à la conchyliculture en Finistère et Rade de Brest

Le site de Kersenton est un site de conchyliculture du Finistère dont la production annuelle est évaluée à ~12 000 tonnes (45 % représentés par les huîtres, 30 % par les moules et 25 % par d’autres espèces comme la coquille Saint-Jacques et le pétoncle, la palourde, les coques ou les ormeaux dans le nord du département). Le tonnage des coquillages pêchés dans la rade de Brest est d’environ 200 tonnes en 2019 (Coquilles Saint-Jacques et praires), auquel s’ajoute les coquillages issus de l’élevage : 746,4 tonnes d’huîtres creuses, 21,5 tonnes d’huîtres plates, 945 tonnes de moules, 2,2 tonnes de palourdes (2013).
La filière conchylicole bretonne compte 624 entreprises (147 en Finistère), soit 22% des entreprises conchylicoles françaises (données 2012). Elles se répartissent sur l’ensemble du littoral breton. Elles emploient 4000 personnes (environ 300 en Finistère) représentant l’équivalent de 2 000 emplois à Temps Plein (ETP).

Des enjeux écologiques de préservation et conservation

Les sites suivis dans ROME (Rivière de Daoulas-Rosmelec et Kersanton) sont situés sur un bassin versant relativement peu peuplé (5 460 habitants), très peu industrialisé mais qui est fortement impacté par les élevages (porcs et vaches) et aussi les cultures (céréales, pommes de terres).
Le point « Rivière de Daoulas – Rosmelec » est sous influence plus marquée de la rivière que Kersanton, notamment pour les apports de nutriments par la rivière Mignonne, facteur non négligeable. Ce point est suivi dans le cadre du réseau REMI. Des efflorescences saisonnières de la microalgue toxique Alexandrium minutum se produisent dans le site. Les coquillages qui accumulent au-delà d’un certain seuil les toxines produites par cette microalgue sont insalubres et interdits à la vente, avec des conséquences économiques sur la filière conchylicole locale.
Même à de faibles coefficients de marée (55-60 pour les huitres), il est facile d'accéder à l'estran et aux coquillages (huîtres, moules, palourdes) par la route et à pied. Tous ces paramètres ont fait du point Kersanton le point idéal pour répondre aux diverses problématiques de ce secteur de la rade : microbiologie, chimie, efflorescences algales (Alexandrium).
Le point « Lanvéoc large » est surveillé pour la qualité de l’eau dans le contexte de la directive cadre sur l’eau (DCE) et dans un cadre de surveillance des efflorescences algales (réseau REPHY) car des efflorescences d’autres microalgues toxiques (par exemple Pseudo-nitzschia spp) se produisent dans la zone.

Enjeux liés aux impacts et/ou pollutions humaines dans le Finistère

Sur les 283 communes du Finistère, 117 (41 %) sont littorales et regroupent plus de 50 % de sa population (~ 450 000 habitants en 2012) sur une surface qui ne représente que 30 % du territoire. La densité moyenne sur ces communes littorales est de 238 habitants/km2 pour une moyenne de 100 au plan national. Cette moyenne masque une très forte hétérogénéité entre les communes littorales très peuplées et l’intérieur du département.
L’activité touristique, ressource économique majeure en bord de mer, exerce une pression environnementale notamment en matière de traitement des déchets, des eaux usées, des besoins en énergie et eau potable. C’est également cette pression qui génère de nombreux conflits d’usages pour l'utilisation de l’espace avec les activités traditionnelles que sont l’agriculture, la pêche ou la conchyliculture.
Cette pression anthropique littorale a pour conséquence une importante tension sur les réseaux d’assainissement dont les flux entrants sont très fluctuants au cours de l’année. A noter que, durant les périodes de sous sollicitation de certaines parties des réseaux de collecte, des sulfures se forment avec pour répercussion une destruction du béton des canalisations ou encore une destruction du système biologique des STEP lorsque le réseau est remis en charge à la saison estivale.

Activités d’études et de recherche menées par l’équipe du LER/BO de Concarneau

La rade de Brest fait l’objet de nombreuses études depuis des années, et représente un site atelier important pour plusieurs projets de recherche en écologie menés par le centre Ifremer de Bretagne situé à Brest et par l’equipe du LER BO. Ces dernières années, l’équipe du LER/BO a été impliquée dans des études/travaux de recherche visant à :

  • Caractériser et surveiller les efflorescences phytoplanctoniques nuisibles à l’origine de contaminations des mollusques
  • Étudier les variations des populations planctoniques dans la Rade au cours du dernier siècle, en lien avec les pressions anthropiques (paléoécologie)
  • Etudier les problématiques de contamination chimiques telles que le plomb
  • Etudier des phycotoxines émergentes
  • Développer de nouveaux outils de mesure de diversité microalgale.  

Référent technique ROME pour le Finistère : Luc LEBRUN (https://annuaire.ifremer.fr/cv/16236/) et Aourégan TERRE TERRILLON (https://annuaire.ifremer.fr/cv/17035/) , Unité Littoral-LERBO
Référent scientifique ROME pour le Finistère : Nicolas CHOMERAT (https://annuaire.ifremer.fr/cv/16979/), Unité Littoral-LERBO