Le projet RECCRU

Ce projet fait suite à de nombreuses discussions entretenues avec les pêcheurs de crustacés depuis de nombreuses années. Ces derniers souhaitent avoir une meilleure visibilité de l’évolution des stocks des principales espèces qu’ils ciblent, le homard (Homarus gammarus), la langouste rouge (Palinurus elephas), le tourteau (Cancer pagurus) et l’araignée (Maja brachydactylus). Or, pour ces espèces, aucune ou très peu d’informations sont disponibles sur la partie du stock qui entrera dans la pêcherie à un, deux ou trois ans. L’objectif est de mettre en place des méthodes qui permettent d’estimer des indices des niveaux de recrutement et de suivre l’évolution de ces cohortes. La partie centrale de ce projet repose sur la mise en place de collecteurs, spécifiques à chaque espèce, qui permettront de recueillir les premiers stades de développement benthiques et de mesurer d’une année sur l’autre l’importance du recrutement. De telles approches, déjà en place pour de nombreux stocks de crustacés dans d’autres parties du monde, représentent la première source d’information sur l’évolution des stocks. Pour ces stocks, de nombreuses mesures de gestion ont ainsi pu être anticipées au regard de la variabilité inter-annuelle du recrutement. Notre volonté est de tester la pertinence d’une telle approche afin de développer un véritable réseau de collecteurs qui puisse apporter une information solide sur l’évolution spatio-temporelle du recrutement. Pour ce faire, il s’agit de travailler le long du littoral Manche –Atlantique, depuis le Cotentin jusqu’à la Nouvelle Aquitaine, avec les pêcheurs et les structures professionnelles présentes. Ce travail sera complété par la mise en place de campagnes scientifiques le long du littoral menées en collaboration avec les pêcheurs. Parallèlement, pour la langouste rouge en priorité, nous souhaitons étudier plus précisément la phase larvaire, dont les modalités (période de présence, durée de vie, comportement…) et leurs interactions avec les conditions environnementales conditionnent en partie le succès du recrutement. Nous chercherons notamment à établir le lien potentiel entre les abondances larvaires, les abondances des recrues d’âge 0+ et celles des classes d’âges 1, 2 et 3 qui ne sont pas encore entrées dans la pêcherie.

Le projet se positionne clairement dans le premier axe thématique de l’appel d’offres dans la mesure où il apportera de nouveaux résultats pour une meilleure compréhension de la dynamique des stocks étudiés. Le réseau de collecteurs et de pêche scientifique que nous souhaitons développer, combiné le cas échéant à des estimations des abondances larvaires, sera un outil nouveau dans la gestion de ces stocks. En permettant de proposer des mesures à mettre en place, il se positionne également très clairement dans l’axe thématique 3.