Projets de l'Unité BE

        

Le projet de recherche de l’unité BE se décline suivant deux axes de recherche (axe 1 : Cycles biogéochimiques dans l’écosystème marin et axe 2 : Devenir des contaminants à l’échelle de l’individu et effets biologiques sur le cycle de vie des organismes) qui permettent de mener une démarche intégrée de biogéochimie et d’écotoxicologie aujourd’hui recommandée et mise en œuvre dans des programmes des surveillance de type CEMP (Coordinated Environmental Monitoring programme) pour la convention des mers régionales Atlantique Nord-Est (OSPAR) et pour le descripteur 8 (contamination chimique) de la directive cadre sur le milieu marin (DCSMM). Les deux axes de recherche 1 et 2 s’articulent très logiquement avec l’axe 3 de surveillance et expertise qui intègre les actions 3a) pour le développement méthodologique, 3b) la coordination du Rocch et 3c) l’étude du risque chimique. La construction de ce projet a été validée par l’AERES et noté A lors d’une présentation en octobre 2012 . Le projet a été confortée lors d’une évaluation d’avancement de projet à deux ans par le comité scientifique Ifremer, en mars 2014.

 

L’unité BE mène un projet de recherche et surveillance dans l’objectif de répondre à la mission Ifremer de recherche-surveillance et d’appui aux politiques publiques sur la thématique de la contamination chimique marine et ses effets biologiques. Le projet d’unité BE repose sur une activité de recherche estimée à 60 % et une activité de surveillance et expertise de l’ordre de 40 %. Le projet est construit de manière originale sur le développement méthodologique en laboratoire et sur le terrain qui constitue un chaînon majeur entre la recherche et la surveillance comme l’analyse du risque chimique. L’activité de recherche de l’unité se positionne dans le cadre des enjeux scientifiques nationaux et internationaux de i) l’étude du fonctionnement et l’adaptation des espèces dans les écosystèmes marins anthropisés en vue de leur gestion durable ainsi que ii) l’observation chimique à long terme et l’évaluation des risques chimiques face aux changements environnementaux. Le projet est structuré suivant deux axes de recherche et un volet opérationnel.

L’étude de la contamination chimique du milieu marin et des effets biologiques répond à des enjeux environnementaux et géopolitiques qui nécessitent un effort de sélection des sujets de recherche les plus pertinents pour produire les connaissances utiles à l’expertise et l’appui aux politiques publiques. Dès lors que l'environnement devient un ensemble limité de ressources, il devient un objet politique et les contaminants chimiques représentent un élément majeur de la pression anthropique sur la ressource. Plus de 140 000 substances chimiques sont produites et diffusées par l’homme dans l’environnement mais moins de 1% sont surveillées dans le milieu marin. Les inventaires des émissions polluantes, a minima autour d'un cœur de cible constituent une précondition pour définir et implémenter des actions de protection de ressources marines durables, car il est impossible techniquement et financièrement de les mesurer toutes.

Dans ce contexte général, l’unité BE a donc développé ses compétences analytiques sur quelques familles de contaminants chimiques jugés prioritaires et sur la base de la réglementation de Stockholm pour les organiques persistants ou bien suivant les critères de propriétés chimiques, de toxicité et bioaccumulation dans trois organismes modèles que sont le phytoplancton, les bivalves et les poissons. L’étude du transfert des contaminants dans la chaîne trophique est un élément majeur du projet d’unité BE pour comprendre les processus d’assimilation, biotransformation et bioaccumulation capables d’entraîner des effets biologiques. Les verrous scientifiques du devenir et effets des contaminants organiques persistants (POPs) comme les PCB, PBDE, PFOS ou les pesticides comme le diuron ou métolachlore ou alors les métaux traces bioaccumulables et/ou toxiques comme le mercure, le cadmium, le plomb et les terres rares sont sélectionnés pour étudier les mécanismes d’effets biologiques via les perturbations fonctionnelles, les transferts multigénérationnels ou les modifications génétiques. Ces travaux ont été principalement étudiés dans 25 projets conduits par l’unité BE avec le soutien financier d’organisations nationales comme le labex Cote, EC2CO, l’ANR, l’OSUNA, DCE, DCSMM, l’AFB, Aquaref, quelques industriels comme l’Oréal et d’organisations européennes comme Interreg. Les compétences acquises dans ces projets ont été directement appliquées pour l’acquisition de séries à long terme dans le cadre de l’observation chimique ROCCH, l’analyse du risque chimique ou le pilotage du descripteur D8 de la DCSMM.

L’unité BE a également participé de manière notable à divers groupes de travail visant à élaborer le projet scientifique de l’Ifremer, à la construction des GDR Polymers et Océan, GDR Ecotoxicologie Aquatique et GDR GRET d’écologie trophique, au COPIL du labex Cote, aux activités du consortium national Aquaref DCE, aux groupes de coordination surveillance DGAL et Ministère de l’écologie et Transition énergétique pour la coordination du ROCCH et pilotage de D8 DCSMM, aux groupes d’expertises européens NORMAN et CIEM sur les effets biologiques des contaminants ainsi que le groupe MIME/OSPAR de monitoring dans lequel l’unité BE est leader du volet écotoxicologique. La cellule ARC contribue annuellement au groupe OSPAR/HASEC substances dangereuses.