Moules Hybrides

Moules Hybrides - Agence française de la biodiversité (2018):  Compréhension de l’hybridation des moules du genre Mytilus en Atlantique et implications pour la biosurveillance

Ce projet est développée dans le cadre du programme de surveillance de la bioaccumulation et des effets biologiques des contaminants chimiques sur les moules collectées dans le cadre du réseau Ifremer d’observation de la contamination chimique (ROCCH). Le taux d’hybridation des moules Mitylus edulis et Mytilus galloprovincialis est un nouveau paramètre physiologique développé sur une base volontaire en Mer du Nord pour la biosurveillance dans le cadre du programme CEMP (coordinated environmental monitoring programme) piloté par Ospar/CIEM. Un prèmière phase de l’étude, financée par l’ONEMA en 2016, a permis d’évaluer la distribution en mosaïque actuelle de M. edulis et M. galloprovincialis sur la côte Atlantique française. Cette étude a permis d’approfondir la connaissance sur les zones où les deux espèces cohabitent, dites zones hybrides, et d’évaluer le niveau d’introgression, caractérisée par un transfert de gènes entre les deux espèces. Certains résultats obtenus dans le cadre du réseau ROCCH depuis une trentaine d’années laissent supposer des différences de capacité de bioaccumulation entre espèces de moules.

Au cours de ce projet le premier objectif est d’obtenir une étude rétrospective sur l’évolution de la distribution sur le littoral français de M. edulis et M. galloprovincialis depuis 35 ans en utilisant la banque de tissus du réseau national ROCCH (mytilothèque). Ce point permettra une réinterprétation des données historiques sur la bioaccumulation prenant en compte le facteur génétique.Deuxièmement la relation entre croissance, bioaccumulation et génétique sera étudiée sur des populations représentatives des deux espèces ainsi que de leurs hybrides via du caging (transplantation in situ) qui sera mis en place sur deux stations de la côte Atlantique française. La taille des moules étant un paramètre morphologique indicatif de l’âge des individus, il est important d’établir si, en fonction de l’espèce étudiée, des différences de bioaccumulation peuvent être observées pour des individus de la même taille mais potentiellement d’âge différent. Cette étude permettra d’affiner l’interprétation de la bioaccumulation des contaminants chimiques dans les moules du ROCCH.