Emergent Sea

Emergent’Sea s’inscrit dans le contexte de la Directive Cadre sur l’Eau (Directive 2000/60/CE) qui vise l’atteinte du bon état chimique et écologique des masses d’eau en Europe. En complément des substances définies au niveau européen pour l’évaluation de l’état chimique, chaque Etat Membre a la possibilité d’établir au niveau national ou régional, une liste de substances d’intérêt : les Polluants Spécifiques de l’Etat Ecologique (PSEE), à prendre en compte pour l’évaluation de l’état écologique. Si une liste de PSEE est définie par bassin hydrographique au niveau des eaux continentales, aucun PSEE n’est actuellement identifié en milieu littoral, à l’exception de la chlordécone en Guadeloupe et Martinique.

 Emergent’Sea a pour objectif d’identifier parmi une liste initiale de substances d’intérêt émergent, des substances pertinentes à rechercher en milieu marin pouvant in fine être proposées en tant que candidates PSEE pour le milieu littoral et être suivies dans le cadre de cette directive européenne.

 Ce projet national (2020-2022) est réalisé dans le cadre du Réseau de Surveillance Prospective, dispositif pérenne d’appui à l’évolution de la surveillance chimique des milieux aquatiques, sous pilotage multi-établissements : Ministère de l’Environnement, Office Français de la Biodiversité (OFB), Agences et Offices de l’Eau.

 La liste initiale des substances d’intérêt émergent est définie de façon à assurer une cohérence de surveillance le long du continuum terre‐mer et une cohérence de la surveillance marine au niveau européen et international. Les substances recherchées sont des pesticides, biocides, biocides antisalissure (antifouling), composés à usage pharmaceutique, composés métalliques et polluants organiques persistants. S’agissant de substances émergentes, susceptibles d’être présentes dans le milieu marin à l’état de traces, l’approche générale consiste à rechercher ces substances sur des échantillons issus de points « sentinelles », considérés comme exposés aux apports contaminants et soumis à une ou plusieurs pressions anthropiques : urbaines, industrielles, agricoles et/ou portuaires. Afin de favoriser la détection de ces substances, l’échantillonnage concerne des matrices intégratrices biologiques et physiques : les mollusques et les échantillonneurs passifs. Au total, 31 points sont identifiés sur le littoral pour un échantillonnage de mollusques (moules ou huîtres) et pour 26 d’entre eux des échantillonneurs passifs seront exposés (Diffusive Gradient in Thin films et POCIS. Les échantillonnages sont programmés en 2021 et 2022. Les résultats sont attendus fin 2022.

 Ce projet piloté par l’ARC est étroitement lié au ROCCH, et s’appuie également sur VEILLE POP. Il est réalisé en collaboration avec les laboratoires Ifremer de l’unité BE : LBCM, LBCO, les Laboratoires Environnement Ressources, ainsi que des partenaires extérieurs pour la réalisation des analyses (LPTC, Laberca, Labocea).

 

Livrables :

Isabelle Amouroux, Catherine Munschy, Jean-Louis Gonzalez,Anne Grouhel, Yann Aminot, Emmanuel Ponzevera, Mélissa Dallet, Florence Menet, Lucie Bizzozero, Gilles Trut, Marc Bouchoucha, Julien Cheve, Luc Lebrun, Raoul Gabellec, Dominique Munaron, Audrey Bruneau, David Devreker, 2020. Emergent’Sea - Recherche de Substances d’intérêt Emergent en Milieu Marin. DCE : Réseau de Surveillance Prospective - Volet Littoral. Mai 2020, 29 p.

 

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Comment utiliser des échantillonneurs passifs ? Des tutoriels sont en ligne pour permettre d'illustrer la préparation, le déploiement, la récupération et le traitement de ces échantillonneurs avant analyse : https://wwz.ifremer.fr/pollution/Echantillonneurs-passifs

 

Gonzalez Jean-Louis, Amouroux Isabelle, Lesbats Stéphane (2020). Tutoriels pour la mise en œuvre opérationnelle des échantillonneurs passifs pour la mesure des contaminants métalliques et organiques en milieu marin.