Crevette calédonienne : retour historique sur l'appui déterminant de l'Ifremer

Partie de zéro, la filière de la crevette a été créée de toute pièce en Nouvelle-Calédonie au début des années 70. Aujourd’hui, la crevette bleue est un produit mondialement reconnu qui représente le 2e produit le plus exporté de Nouvelle-Calédonie après le nickel. L’Ifremer a joué un rôle primordial dans la création et le développement de cette filière. Retour sur les moments clés…

1970-1973 : les débuts avec l’étude de faisabilité et les premières expérimentations en bassin

 À la fin des années 60 et début des années 70 les institutions calédoniennes ont manifesté leur souhait de voir se développer une filière crevette en Nouvelle-Calédonie. Le programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont réalisé une étude de faisabilité et une évaluation du potentiel de cette filière sur le territoire.

 Un premier bassin expérimental d'un hectare a été installé entre 1972 et 1973 dans la baie de Saint-Vincent à Boulouparis, en raison de ses atouts géographique et climatique.

 Plusieurs espèces sauvages locales ont alors été capturées et élevées :

  • Penaeus monodon,
  • Penaeus semisulcatus
  • Metapenaeus ensis,
  • Penaeus merguiensis,
  • Penaeus monoceros
  • Penaeus longistylus

Puis divers tests expérimentaux ont été menés pour alimenter les crevettes en bassin, stimuler leur reproduction et leur croissance. La première pêche a été effectuée en avril 1973.

1973-1979 : Premières études en R&D (recherche et développement)

Le premier programme R&D « Aquacal » est lancé au cours de la deuxième moitié des années 70. Une première équipe scientifique et technique stable est affectée à ce programme. Elle bénéficie d’un important appui de l’équipe de recherche « Aquacop » du Centre Ifremer de Tahiti. Les experts effectuent des tests avec des cheptels de crevettes introduites à Tahiti et originaires de divers pays :

  • Penaeus monodon : Fidji-Tahiti
  • Crevette à patte blanche Penaeus vannamei : Mexique, Panama, Tahiti
  • Crevette bleue Litopenaeus stylirostris : Mexique, Panama, Tahiti
  • Penaeus japonicus : Tahiti, Japon
  • Penaeus aztecus : Tahiti

1978 : Création d’une première ferme aquacole privée

La crevetticulture se structure avec la domestication de la crevette bleue P. stylirostris, espèce introduite du Mexique et de Panama via Tahiti. L’introduction s’est faite en plusieurs fois entre 1978 et 1981. Cette espèce exprimait une résistance satisfaisante au virus IHHN (Infectious hypodermal anh hematopoietic necrosis - nécrose hématopoïétique hypodermique infectieuse).

La Nouvelle-Calédonie a donc été l’un des premiers pays à développer une industrie aquacole uniquement à partir des descendants d’un stock initial d’animaux élevés en captivité (35e génération en 2007). En effet,  Il n’y a pas eu de nouvelles importations significatives de cette espèce entre 1981 et 2005, en dehors de quelques tests expérimentaux réalisés à partir de cheptel issu de Tahiti et introduit sous quarantaine en 1994.

1982-1994 : Structuration de la filière, premières exportations et premières épidémies

  • 1983 : Deux fermes commerciales sont actives
  • 1984 : Première production locale d’aliments destinés à la crevetticulture
  • 1988 : Première écloserie industrielle et première usine de conditionnement à SODACAL.
  • 1993 : premières épidémies mortelles en saison fraîche (syndrome d’hiver) dues à la bactérie Vibrio penaeicida
  • 1995 : démarrage de la SOPAC à Nouméa, une usine moderne de conditionnement pour l’export
  • 1997 : premières épidémies mortelles en saison chaude (syndrome d’été) dans une ferme, dues à Vibrio nigripulchritudo

 

2000-2004 : mise en place du premier contrat de développement État/intercollectivités

 Le premier contrat de développement État/intercollectivités a été l’occasion de programmer et planifier un premier programme de recherche en soutien à une filière et identifier deux opérations :

  • poursuivre la rénovation du laboratoire de Saint-Vincent (opération II-5) ;  
  • équiper le laboratoire de Saint-Vincent en outils scientifiques (opération II-6).

 

2003-2006 : le projet scientifique "DESANS"

À la fin de la programmation, le projet DESANS (DÉfi SANté Stylirostris), mené avec le soutien financier de la province Nord et de la province Sud,  a atteint les objectifs initiaux et a reçu une évaluation positive de la part du comité d’évaluation scientifique en novembre 2006.

 

2007-2010 : le projet "DÉDUCTION"

Cette période correspond à la poursuite du contrat de développement État/inter-collectivités et au lancement du  projet DÉDUCTION - Développement durable de la crevetticulture, traitement de l’information et observatoire du système en Nouvelle-Calédonie)