Les atouts de la Nouvelle-Calédonie

Situation géographique

Située à environ 1 500 km à l’est de l’Australie, la Nouvelle-Calédonie est un archipel constitué :

  • d’un vaste domaine maritime (ou ZEE, zone économique exclusive) de plus de 1,3 million de km2. Ce domaine est classé en aire protégée, le Parc naturel de la mer de Corail, qui représente l’une des plus grandes aires marines protégées au monde.
  • d’une île principale montagneuse, la Grande Terre (longue de 400 km et large de 50 km), surnommée aussi « Le Caillou » en raison de ses importantes réserves en nickel.
  • de plusieurs ensembles de petites îles basses : les îles Loyauté (Ouvéa, Lifou, Maré, Tiga), l’île des Pins, les îles Belep, les atolls Chesterfield et les récifs d’Entrecasteaux.

Population et gouvernance

 La Nouvelle-Calédonie compte 271 000 habitants (source ISEE 2019) et 33 communes ; 90 % de la population vit près des côtes. Le niveau de formation de la population, le tissu industriel, la recherche-innovation et les services y sont de bonne qualité et très dynamiques.

Les espaces marins et côtiers de la Nouvelle-Calédonie sont régis par diverses règles juridiques et promus par diverses entités publiques, selon leurs domaines de compétences :

  • La Nouvelle-Calédonie (Gouvernement et Congrès) est compétente, notamment, en matière de gestion et de conservation des ressources naturelles de la ZEE (Parc naturel de la mer de Corail), de règlementation sanitaire, d’exercice des droits d’exploration et d’exploitation, ainsi que de la formation professionnelle
  • Les trois provinces (province sud, province nord et province des îles Loyauté) sont compétentes, notamment, en matière de développement économique et d’environnement (jusqu’au domaine marin à moins de 12 miles nautiques) et chacune d’elle exerce son droit de propriété sur son domaine maritime. Chaque province édite son code de l’environnement qui régit la règlementation (liste des espèces protégées, prévention des pollutions, périodes de chasse…)
  • L’État est compétent, notamment, en matière de recherche scientifique qu’il assume en associant l’exécutif calédonien. Également en matière de desserte, de défense et de sécurité maritime.
  • Les pratiques et savoirs traditionnels kanak, en particulier la coutume, sont fréquemment prises en compte dans les politiques publiques.
  • La valorisation et gestion des ressources biologiques et génétiques est strictement encadrée par le droit international*, le droit national et le droit autochtone.  Cette dernière vise à prémunir les îles Loyauté d’actes de biopiraterie, faire respecter les chemins coutumiers et appliquer le protocole de Nagoya sur le partage équitable des avantages issus de l’exploitation des ressources génétiques (voir encadré).

 

*Par exemple, le protocole de Nagoya, sur l’accès aux ressources génétiques et sur le partage équitable des avantages découlant de leur utilisation (APA), est entré en vigueur le 12 octobre 2014. C’est un traité complémentaire à la Convention sur la diversité biologique (CDB), adoptée lors du sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992 et ratifiée par 168 pays, qui poursuit trois objectifs : la conservation de la biodiversité, l’utilisation durable de ses éléments et l’APA. 

Le poids de l’économie bleue

L’économie maritime (économie bleue) est relativement peu développée en Nouvelle-Calédonie, malgré un fort potentiel. Selon l’institut d’émission d’outre-mer (IEOM), elle représentait 1,5 % des exportations en 2014, soit plus de 2 milliards de francs (XPF) annuels (2e poste d’exportation, après le nickel).

La crevette est le premier produit de la mer exporté (66 %), viennent ensuite les holothuries (17 %) puis les thonidés (15 %). Le secteur de l’exploitation des produits de la mer emploie plus de 500 personnes.

En 2014, les acteurs de l’économie de la mer se sont fédérés au sein du Cluster Maritime de Nouvelle-Calédonie. Il rassemble aujourd’hui une centaine de membres, essentiellement des entreprises privées.

 

Un patrimoine marin exceptionnel...

 La Nouvelle-Calédonie héberge un lagon d’une superficie de 23 400 km2. Il est ceinturé par la 2e plus grande barrière récifale continue du monde (1600 km), avec à certains endroits, phénomène rare, un double ou un triple récif-barrière.

 La biodiversité marine y est remarquable avec entre autres :

  • 2320 espèces de poissons dont 5% sont des espèces endémiques (vs 3 125 espèces connues aux Philippines, au cœur du triangle de corail)
  • 1327 espèces de nudibranches (vs 1200 espèces connues aux Philippines, au cœur du triangle de corail)
  • 19 espèces de reptiles marins (dont deux espèces de tortues)
  • 450 espèces d’algues et plantes à fleurs (herbiers sous-marins, flore des îlots)
  • 400 espèces de coraux bâtisseurs de récifs (sur les 800 connus à l'échelle mondiale)
  • 25 espèces de mammifères marins (dont la baleine à bosse et le dugong) séjournent saisonnièrement ou continuellement dans les eaux calédoniennes.
  • En 2022, les scientifiques comptabilisent plus de 20 000 espèces marines décrites en Nouvelle-Calédonie

Au delà du récif, les organismes pélagiques (présents dans la colonne d’eau), ainsi que les organismes benthiques (présents dans les grands fonds) sont relativement peu connus. Toutefois, de nouvelles espèces sont découvertes à chaque nouvelle exploration.

En 2008, 60 % de la surface du lagon de Nouvelle-Calédonie a été inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO, engageant les collectivités locales à la conservation de l’intégrité des six sites promus.

Depuis 2014, l’essentiel du domaine maritime de la Nouvelle-Calédonie est protégé au sein du « Parc marin de la mer de Corail », la 5e plus grande aire marine protégée du monde.

... mais fortement menacé

 L’intégrité des espaces marins est aujourd’hui fortement menacée par les activités humaines telles que :

  • La dégradation des habitats (pollutions, réchauffement climatique, érosion des sols dues aux feux, à l’exploitation minière…) 
  • Les invasions d’espèces exotiques (Achantaster, algues)
  • La surexploitation des ressources halieutiques

 En raison de sa biodiversité exceptionnelle et son haut niveau de menace, la Nouvelle-Calédonie est l’un des 36 hotspots mondiaux de biodiversité.

 

Le littoral

L’interface entre la terre et la mer présente de nombreuses originalités en Nouvelle-Calédonie. Le littoral calédonien fait 3473 km de long (source SHOM) pour une superficie de terres émergées de 19332 km2. Comparativement, celui de la métropole fait 5 853 km de long pour une superficie de l’Hexagone de 550 100 km2.

 Les paysages côtiers sont variés avec des falaises, des platiers surélevés, des plages, des baies profondes, des estuaires, des marais...

 La zone de balancement des marées est assez développée. Sur la côte ouest par exemple, les zones recouvertes par les marées les plus hautes sont situées jusqu’à 1,8 mètre au-dessus des zones recouvertes par les marées les plus basses. Il s’y trouve des habitats caractéristiques, tels que les marais salés, les mangroves et les tannes.

Les marais et les mangroves sont généralement riches d’une biodiversité unique, car les conditions de vie sont difficiles (salinité, inondation, sédimentation)

Les tannes sont des étendues dénudées, asséchées et salées en bordure de mangrove. Le cœur de Voh est, par exemple, une tanne en forme de cœur. Peu de végétation s’y développe, c’est pourquoi elles représentent des étendues privilégiées pour installer des fermes aquacoles.

Les grands fonds

 D’un point de vue géologique, la Nouvelle-Calédonie fait partie d’un continent découvert récemment, le Zealandia. Cette entité géologique de la taille de l’Inde est en grande partie sous l’eau.

Les explorations effectuées dans ces régions par l’Ifremer et le service géologique du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie confirment la continuité géologique entre les terres immergées et émergées. Il s’y trouve des roches peu communes à l'échelle du globe car elles appartiennent au manteau terrestre (péridotites riches en nickel et en cobalt).

 

 -------------- Sources ----------------

  • IEOM, L’économie bleue en Nouvelle-Calédonie, mars 2016
  • Atlas de la Nouvelle-Calédonie (IRD-Congrès)
  • ISEE.NC
  • Ifremer
  • Biodiversité en Océanie, un besoin urgent d’action — C. Payri, E. Vidal coord — Editions PUNC 2019
  • Payri C. E (dir) 2018 - Nouvelle-Calédonie, archipel de Corail. IRD éditions/Solaris, Marseille/Nouméa, 288 p
  • Payri C. (2022) - Tables rondes "Lancement de la décennie des sciences océaniques en Nouvelle-Calédonie"