L'Ifremer, un organisme de recherche au service des mers et des océans

L’institut français de recherche pour l’exploration de la mer (Ifremer) est un établissement qui produit des connaissances scientifiques sur les mers et les océans, ainsi que des innovations technologiques et biotechnologiques, en appui aux politiques publiques et au développement durable. 

En raison de son savoir-faire et ses compétences de haut-niveau, l’Ifremer se trouve en première ligne pour relever le défi de la préservation et de la valorisation des océans.

En effet, les mers et les océans couvrent 71% de la planète. Ce sont des systèmes interconnectés qui constituent le plus grand écosystème de la planète et la réserve alimentaire des 3 milliards d’êtres humains qui se nourrissent, chaque jour, de ses ressources halieutiques.

→ Voir les infographies sur l'importance des mers et des océans (chiffres clés).

Or, de plus en plus d’enjeux géostratégiques et de menaces environnementales pèsent sur les mers et les océans : conflits territoriaux, accès aux ressources, réchauffement climatique, surpêche, pollutions...

Un fleuron de la recherche en sciences océaniques

L’Ifremer est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), fondé en 1984 par la fusion de deux organismes, le Centre national pour l’exploitation des océans (Cnexo) et de l’institut scientifique et technique des pêches maritimes (ISTPM).

Il est aujourd’hui sous la tutelle conjointe de trois ministères :
•    Le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI)
•    Le ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES)
•    Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation (MAA)

L'actuel président-directeur général est François Houillier (depuis 2019).

 Voir l'organisation de l'Ifremer

Les équipes et laboratoires de l’Ifremer sont présents dans une vingtaine d’implantations situées le long des côtes de l’Hexagone et dans les territoires d’outre-mer. Elles collaborent avec des universités et d’autres organismes de recherches à travers des unités mixtes de recherche (UMR) et des fédérations de recherche (FR). Les recherches océanographiques couvrent principalement la mer Méditerranéela Manche, l’océan Indien, l’océan Atlantique et l’océan Pacifique.

→ Voir la carte des implantations de l’Ifremer

Ressources et productions de l'Ifremer en quelques chiffres clés
  • 1500 salariés dont 680 chercheur.se.s et ingénieur.e.s
  • 230 millions d’euros de budget annuel
  • 1 siège social à Brest
  • 4 centres de recherche (dont un dans le Pacifique) auxquels s'ajoutent une vingtaine d’implantations côtières ou délégations associées dont 5 implantations outre-mer
  • 4 départements scientifiques qui comptabilisent 23 unités de recherche
  • 6 navires océanographiques intégrés dans la flotte océanographique française
  • Plus de 600 publications par an dont la moitié en accès libre et plus de 100 expertises annuelles
  • Plus de 100 industriels bénéficient chaque année des transferts de l’Ifremer

Les principales missions de l’institut

  • Produire et diffuser des connaissances scientifiques sur la biodiversité, les écosystèmes marins et leur préservation, ainsi que les conditions d’une exploitation durable des ressources marines et énergétiques ;
  • Réaliser des expertises sur les enjeux sociétaux d’aujourd’hui et de demain, afin d’éclairer les politiques publiques sur le domaine maritime, les évolutions de l’océan l’économie bleue (pêche, aquaculture…), la gestion durable des ressources ;
  • Explorer l’océan et produire des mesures pour le décrire de la surface jusqu’au grands fonds, le cartographier, modéliser son fonctionnement et ses évolutions ;
  • Développer des équipements et outils technologiques innovants, en partenariat avec le monde industriel, pour mener des recherches de l’échelle macroscopique à l’échelle moléculaire et sur les filières prometteuses ;
  • Développer des compétences de pointe, reconnues internationalement et former les jeunes générations de scientifiques et de techniciens ;
  • Développer des coopérations locales, régionales et internationales.

Près de 40 ans de progrès technologique et scientifique

Bateaux océanographiques, submersibles habités, robots sous-marins autonomes, sonar, capteurs… Les scientifiques de l’Ifremer conçoivent leurs propres engins et équipements de pointe pour explorer l’océan et faire des mesures depuis la surface jusqu’au grands fonds.

Depuis 1984, ces technologies innovantes contribuent, par exemple, à :

  • Cartographier le littoral, les fonds et les monts sous-marins (topographie)
  • Mesurer la profondeur marine en tout point du globe (bathymétrie)
  • Observer la dynamique des courants
  • Caractériser les milieux marins au niveau physico-chimique (température, salinité...) et biologique ainsi que leurs évolutions liées aux phénomènes naturels (volcanisme, tsunamis...) ou anthropiques (changement climatique,                                                                                                                                                                                                                                                                                               pollutions, exploitation des ressources...)
  • Connaître les caractéristiques des milieux extrêmes (volcans sous-marins, abysses…)
  • Modéliser le mouvement des plaques tectoniques et la nature géologique des fonds marins
  • Identifier des molécules prometteuses issue de la biodiversité marine

Quelques grandes découvertes et innovations de l'Ifremer

  • 1984 : Mise au point d’un sonar remorqué (SAR, système acoustique remorqué) qui a permis de faire les premières mosaïques d’images de l’épave du Titanic à une profondeur de 3800 mètres ; Lancement du Nautile, un submersible capable d’intervenir jusqu'à 6000 mètres de profondeur et explorer quasiment tous les fonds marins. Deux pilotes et un scientifique sont à bord et disposent de 5 h d’autonomie pour se déplacer à 15 nœuds, éclairer les fonds océaniques, faire des prélèvements grâce à un bras manipulateur et effectuer de l’imagerie.
  • 1985 : Mise au point de la technique de fabrication du surimi (pâte de poissons) et celle de la conservation des protéines. En 2010, la production mondiale de surimi est de 1,5 million de tonnes.
  • 2006 : Les limites du plateau continental sous la mer sont mieux connues et la France fait sa première demande d’extension de son plateau continental dans le golfe de Gascogne et la mer Celtique
  • 2007 : Argo, le programme d’observation globale de l’océan compte désormais 3000 flotteurs autonome répartis dans tous les océans. Ils mesurent en temps réel la salinité et la température des océans jusqu’à 2000 mètres de fond.
  • 2017 : Décryptage des mécanismes moléculaires à l’origine de la formation de la nacre qui recouvre la perle noire de Tahiti dans l’huître perlière Mangarita margaritefera.