1. Les trois campagnes NourDem

Le descriptif détaillé des campagnes réalisées dans les trois estuaires en 2019, ainsi que les principaux résultats obtenus sont présentés dans le rapport d’activité 2019 du projet qui est consultable et téléchargeable ici. Les paragraphes qui suivent présentent de manière très succincte quelques-unes des réalisations 2019, et quelques-uns des résultats obtenus.

Dates, débits, coefficients de marée

Les campagnes Loire et Seine ont  duré 8 journées chacune contre 12 pour la campagne Gironde car 2019 représentait la première année d’échantillonnage de cet estuaire et que 4 journées supplémentaires ont été nécessaires à sa « découverte »  et notamment à l’identification et la cartographie de traines praticables. Cette campagne a été découpée en 2 legs de 6 journées chacun de façon à n’échantillonner qu’en mortes eaux comme le demande le protocole (minimisation des courants de marée et des oscillations du zéro de salinité ; données SHOM).

Toutes les campagnes se sont déroulées en périodes, sinon d’étiage, du moins de très faibles débits des fleuves (données BD Hydro Eau France ; stations de mesure ou de calcul des débits à  Vernon pour la Seine, St Nazaire pour la Loire, Pessac sur Dordogne pour la Dordogne et Tonneins pour la Garonne), ce qui était recherché, là encore afin de bénéficier des courants les plus faibles possible.

Les navires professionnels

Les trois campagnes ont été réalisées à bord de petits chalutiers locaux dont la principale caractéristique se devait être d’avoir un tirant d’eau n’excédant pas 2 mètres de façon à pouvoir chaluter dès 2,50 m de profondeur. Ces chalutiers ont été retenus par le CNPMEM après lancements d’appel d’offres « régionaux ». Un agent du Comité Régional des pêches concerné a systématiquement embarqué en accompagnement des trois agents Ifremer.

Les données de milieu

Au cours des campagnes, des sondes mesurant en continu la profondeur, la salinité et la température ont été posées sur le chalut afin de pouvoir évaluer l’importance de ces paramètres sur les répartitions spatiales des espèces au sein des estuaires. A titre d’exemple, les données ainsi acquises à l’occasion de la campagne NourDem Loire 2019 sont données par le tableau ci-contre.

Ce tableau montre que les profondeurs moyennes de chalutage ont été comprises entre 2,0 et 14,90 mètres, que les salinités se sont échelonnées de 4,3 à 34,7 pour mille, et les températures de 16,8 à 24,6 °c (soit 7,8 °c d’écart entre le trait le plus amont, présentant la température la plus élevée, et les traits les plus aval).

Le système de navigation du projet permet également d’enregistrer précisément les longueurs de chaque trait, et ainsi de déterminer les surfaces balayées par le chalut (dont l’ouverture horizontale est de 7m), surfaces qui se sont échelonnées entre 0,51 et 1,07 ha, soit du simple au double, ce qui démontre bien qu’il est impératif de disposer de ces données de longueur de trait pour pouvoir réaliser des évaluations d’abondance.

Cartographie des traines praticables dans les trois estuaires      

 Les positionnements des traines praticables cartographiées dans les trois estuaires (depuis 2016 en Loire, 2017 en Seine, et 2019 en Gironde) sont donnés par les cartes ci-dessous. Chaque traine est numérotée et ses coordonnées exactes de filage et de virage du chalut (i.e. de début et de fin de la traine) sont enregistrées de façon à ce qu’année après année, les mêmes traines soient à nouveau échantillonnées. La plupart des traines sont échantillonnées dans la mesure du possible deux fois par campagne à quelques jours d’intervalle afin d’augmenter la « précision » des indices d’abondance qui sont calculés à partir des données de capture.

Au total les 28 jours de campagne en 2019 auront permis la réalisation de 240 traits, 73 en seine, 75 en Loire et 92 en Gironde, ce qui représente une surface totale balayée par le chalut de 214,8 ha (0,895 ha en moyenne par trait, soit une longueur réelle moyenne par trait de 1279 mètres).