Le projet NourDem

Le projet vise à réaliser des campagnes annuelles de chalutage dans les trois estuaires de la Seine, de la Loire et de la Gironde afin de :

- Produire des indices d’abondance annuels en juvéniles d’espèces d’intérêt halieutique utilisant les estuaires comme nourricerie. Ces indices visent à être utilisés par les halieutes du Conseil International pour l’exploration de la Mer (CIEM) qui produisent chaque année des avis pour la gestion des ressources et des écosystèmes marins à l’intention des Etats membres de l’Union.

- Cartographier les principales zones de nourriceries et identifier les facteurs environnementaux expliquant ces distributions spatiales (salinité, profondeur, etc.)

- Évaluer la qualité des trois estuaires en tant que nourriceries en comparant les taux de croissance et les niveaux de stress de juvéniles d’espèces sentinelles (bar, merlans, soles, sprats).

Les estuaires Seine, Loire, GirondePont de St Nazaire lors de Nourdem Loire

Ces trois estuaires sont des zones fonctionnelles essentielles pour de nombreuses espèces et notamment des zones de nourricerie, c’est-à-dire des espaces privilégiés de survie et de croissance des juvéniles de poissons, céphalopodes ou crustacés au cours de leurs premières années de développement. Il s’agit donc d’identifier les espèces pour lesquelles les trois estuaires représentent des nourriceries essentielles, et de produire, pour les espèces principales et/ou majeures économiquement, des cartographies de leur répartition et des indices annuels d’abondance. De tels indices provenant des zones estuariennes/nourriceries sont en effet utiles pour améliorer la précision des modèles halieutiques qui évaluent l’état des stocks et leurs évolutions : être à même d’identifier les bonnes ou mauvaises années de reproduction (et de survie des plus jeunes juvéniles) est une des conditions pour évaluer l’importance des flux de jeunes poissons qui deviendront exploitables une fois qu’ils auront atteint la taille minimale de capture. Les groupes de travail du CIEM en charge de l’évaluation de l’état des stocks du bar européen (Dicentrarchus labrax) demandent d’ailleurs depuis 2014 aux Etats membres la mise en place de telles campagnes de chalutage afin d’affiner leurs avis et recommandations sur les mesures de gestion à prendre concernant cette espèce (dont les juvéniles se développent dans des nourriceries estuariennes et côtières pendant leurs trois premières années vie).

Outils de synthèse

Pour produire les cartographies de répartition des espèces principales et les indices d’abondance attendus, le projet testera différentes méthodes de traitement des données de chalutage : stratifications de l’espace échantillonné, méthodes géostatistiques, ou encore modélisation statistique par modèles additifs généralisés.

Le projet s’attachera également à estimer plus finement la qualité des trois estuaires en tant que nourricerie. Pour cela, nous produirons des indices de l’état de santé physiologique des juvéniles sur la base de mesures de condition corporelle, et sur les courbes de croissance chez deux espèces démersales (bar et merlan), une espèce pélagique (sprat) et une espèce benthique (sole). Ces courbes de croissance découleront de l’âgeage de chaque poisson échantillonné par dénombrement des stries de croissance annuelles sur leurs écailles ou au sein de leurs otolithes. Ce travail sera réalisé par le pôle de sclérochronologie de l’Ifremer à Boulogne sur mer. Enfin, nous évaluerons les niveaux de stress chez les juvéniles de deux espèces, le bar et la sole. Toute dégradation des conditions environnementales au cours de la croissance génère en effet différentes formes de stress qui se traduisent par la production d’une hormone, le cortisol. Le cortisol, présent dans le mucus des poissons, est fixé progressivement dans les écailles durant leur croissance et sa concentration finale dans les écailles n’est donc pas affectée par le stress lié à la capture du poisson. Ces analyses seront réalisées en collaboration avec l’université de Gand (Belgique).

Partenaires

Le projet NourDem 2019-2021 est conduit dans le cadre d'un partenariat entre l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, maître d’ouvrage), et le CNPMEM (Comité National des Pêches Maritimes et Elevages Marins), assistant à maître d’ouvrage, et avec le soutien technique des Comités Régionaux des Pêches et Elevages Marins de Normandie, des Pays de la Loire et de Nouvelle Aquitaine.

Partenaires NourDem

Financements

Il est financé par l’Union européenne via la Mesure 40 « Protection et restauration de la biodiversité des écosystèmes marins dans le cadre d’activités de pêche durable » du Fonds Européen pour les Affaires Maritimes et la Pêche (FEAMP), par l’Etat français (Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, en charge de la gestion des pêches françaises) et par  France Filière Pêche (FFP). Le suivi financier pour le compte de l’Union et de l’Etat est assuré par la Direction Régionale de la Mer de Manche-Est et de la Mer du Nord (DIRM MEMN).

Financeurs NourDem