Synthèse Nationale Mortalité 2011

Pour l’année 2011, le lot ’18 mois’ présente une mortalité faible (moyenne nationale de 6.2% ± 3.7%,) et reste ainsi comparable aux taux de mortalité observés pour les huîtres de cette classe d’âge depuis 1993 (données issues de l’ancien réseau REMORA). En ce qui concerne les lots de naissain, les tendances observées mettent en évidence des taux moyens en 2011 légèrement supérieurs à ceux observés en 2010. Notons cependant que ces tendances sont à nuancer du fait des variations intra-lot et inter-annuelle des lots qui ne sont pas prises en compte dans ces analyses. Par exemple, en 2009, les taux de mortalité observés pour le lot de naissain testé n’étaient pas représentatifs des résultats obtenus par ailleurs sur d’autres lots de naissains de même origine. Une hypothèse suggérant que ce lot en particulier avait déjà été exposé à une première vague de mortalité en 2009 pourrait expliquer l’obtention de taux de mortalité beaucoup plus faibles que sur la plupart des autres lots.

Malgré les forts taux de mortalité obtenus en 2011 sur les lots de naissains sur l’ensemble du littoral français, quelques différences d’intensité subsistent entre les différents sites étudiés. Ainsi, pour les lots de naissains testés cette année, le site présentant les taux de mortalité minimum (environ 60%) est situé en baie de Morlaix, et les plus élevés sur les secteurs plus méridionaux tels que l’île de Ré, Arcachon, Marennes-Oléron et l’étang de Thau (entre 80 et 98%). Les cinétiques d’apparition des mortalités (non représentées ici) mettent en évidence une apparition progressive sur les différents sites ateliers, selon un gradient ‘sud-nord’, fortement corrélé à l’augmentation de la température de l’eau.

Parallèlement aux lots sentinelles testés sur l’ensemble des sites-ateliers de l’Observatoire, le réseau a également participé au testage, sur certains sites, des lots d’huîtres issus d’un plan de sélection basé sur la survie (travaux par le Laboratoire de Génétique et de Pathologie LGP, Ifremer, La Tremblade). En effet, depuis 2001, l’Ifremer dispose de familles d’huîtres creuses Crassostrea gigas dites ‘Résistantes’ (R) car elles présentent des meilleures survies au stade naissain. Une nouvelle sélection sur estran a donc été réalisée en 2009 et 2010 à Marennes-Oléron à partir de la meilleure des familles R afin d’obtenir un lot R à survie améliorée, avec une meilleure résistance à l’Herpès virus OsHV-1. Ce lot R amélioré diploïde (2n) ainsi qu’un lot témoin diploïde, ont été produits au LGP en août 2010. Pour la production du lot témoin, des huîtres sauvages ont été échantillonnées dans le bassin de Marennes-Oléron en 2010 et ces huîtres ont été utilisées comme géniteurs. L’ensemble de ces lots a donc été testé sur différentes sites afin d’évaluer les taux de mortalité au cours de période estivale de 2011.

Les résultats obtenus (détaillés dans le rapport de L. Degrémont[1]) montrent que dans tous les sites, la mortalité du lot R amélioré était inférieure à celle du lot témoin indiquant une réponse positive à la sélection dans tous les environnements. En effet, à la fin du suivi, la mortalité moyenne du lot témoin est de 86% et de 18% pour le lot R amélioré, soit un écart de 68% ».

[1] http://archimer.ifremer.fr/doc/00065/17644/