La Reproduction

Pêche de larves d'espèces cultivées : cas de l'huître creuse

L'huître creuse se reproduit naturellement dans le Bassin de Marennes-Oléron. Cultivées à plat ou sur tables ostréicoles, elles "pondent" en pleine eau où la fécondation a lieu. Les larves produites se développent en 2-3 semaines selon les conditions hydrologiques (température et alimentation) (figure 1). Au terme de cette période, l'huître devient sessile, se dépose et se fixe sur un support où elle commence une vie benthique.

 

 figure 1

4 "stades" larvaires sont identifiés par comptage et mensuration au microscope optique :

(1) 70-90 µm pour des larves de 1 à 4 jours;

(2) 90-150 µm pour des larves de 5 à 8 jours;

(3) 150-210 µm pour des larves de 9 à 15 jours;

(4) 210-310 µm pour des larves de16 à 20 jours.

Les professionnels, ostréiculteurs du Bassin de Marennes-Oléron, guettent cette période de l'année afin de placer à temps des collecteurs de naissain (tubes, coupelles…) pour le captage des nouveaux cheptels.

Depuis plus de 50 ans, afin de répondre à cette demande des ostréiculteurs, les instituts de recherches qui se sont succédés, ont pérennisé les campagnes d'échantillonnage de larves dans le Bassin de Marennes-Oléron (figure 2) entre le mois de juin et le mois de septembre.

C'est dorénavant le CREAA (Centre Régional d'expérimentation et d'Application Aquacole) qui effectue ces campagnes et diffuse les résultats des comptages.

 

 

figure 2

Sites de pêche de larves dans le Bassin de Marennes Oléron :

dans l'estuaire externe de la Charente :

La Mouclière (MO) et Les Palles (PA)

au centre du bassin :

Mérignac (ME) et Les Doux (DO)

en rivière Seudre :

Les Faulx (FA) et Coux (CO)

La méthode de collecte est restée la même au fil des années (figure 3). Deux filets de prélèvement : surface et fond (1 m) sont tractés pendant cinq minutes à une vitesse constante et approximative de 3 nœuds.

figure 3 schéma du "train de pêche" utilisé pour la récolte des larves en surface et à environ 1 m de profondeur
[technique de pêche mise au point et décrite par Boury (1928), puis Trochon (1955), reprise par Gras et al. (1971)].

Durant la deuxième moitié du 19ème siècle, l'huître "portugaise", Crassostrea angulata est accidentellement introduite par le "Morlaisien" dans l'estuaire de la Gironde. Elle supplante progressivement l'huître plate endogène Ostrea edulis.

Entre 1966 et 1973, une épizootie éradique  Crassostrea angulata des côtes françaises. En 1967 commence l'importation d'une huître de "substitution" : l'huître creuse Crassostrea gigas, en provenance du pacifique.

Ainsi la série historique de données sur les pêches de larves, permet elle d'étudier la saison de reproduction comparées des deux espèces C. angulata et C. gigas, entre 1950 et 1970 pour la première espèce, et entre 1970 à 2000 pour la seconde espèce (cf Descripteurs de ponte).