Projet PAMPANINO (2018)

PAtrimoine des Marais des Pertuis charentais en réponse à l'Aléa submersioN marine : INititiation et Ouverture du projet

  

 

Contexte de l’Étude et Principaux Objectifs

 

 Les zones humides côtières ne couvrent que 2 % du globe, mais concentrent 10 % de la population mondiale (Spalding et al. 2013). Cette conquête des espaces sur la mer est liée à l'exploitation de la richesse de ces écosystèmes pour répondre à des besoins de production et de protection (Pearce & Crivelli 1994). Ces zones constituent un patrimoine qui se définit par un ensemble d’éléments naturels (e.g. biodiversité, Lecq et al. 2017), productifs (e.g. activités économiques, Rivaud & Cazals 2012), culturels et symboliques (e.g. paysage, Long & Leveiller 2016). La notion d’identité patrimoniale d’un socio-écosystème (SE) renvoie alors à la transmission intergénérationnelle, à la conservation des attributs sociaux, culturels et naturels et au maintien des communautés sociales (Ollagnon 1989). Le projet PAMPANINO financé par l’UMR LIENSs (Université de La Rochelle) sur une durée d’un an (2018) permet d'initier et d'ouvrir l'ANR PAMPAS portée par LIENSs et d’autres partenaires notamment l’IFREMER LERPC sur la période 2019-2022. La problématique générale et large du projet PAMPAS est de comprendre le devenir des zones humides côtières et de leur gestion, en se focalisant sur l’évolution de l’identité patrimoniale des marais des Pertuis Charentais en réponse aux submersions.

  

L'idée durant cette première année de projet PAMPANINO est de se focaliser sur une zone de marais des Pertuis Charentais, le Fier d’Ars (Ile de Ré), et d'en caractériser le patrimoine naturel (biodiversité, structuration en guildes écologiques, espèces « patrimoniales ») associé aux grandes fonctions écologiques comme les fonctions alimentation/nourricerie, épuration nutriments/contaminants, puits/source de carbone, refuge, reproduction, adhésion, transit. Les compartiments abordés sont les poissons, oiseaux, micro-organismes, le métazooplancton, la méiofaune, les reptiles, ainsi que les paramètres biogéochimiques de la colonne d'eau en particulier ceux du système des carbonates (pCO2, pH, ...) dont le LERPC a la charge.

  

 

Site d’étude et stratégie d’échantillonnage

  

  Le Fier d’Ars est une baie semi-fermée de la côte Ouest de l’Océan Atlantique située au Nord de l’île de Ré (France) communiquant avec le Pertuis Breton. Cette mer intérieure est constituée d’unités morpho-sédimentaires différentes, en particulier de marais endigués représentant 1200 ha ainsi que d'estrans vaseux intertidaux, représentant avec les chenaux de marée 750 ha (Bel Hassen 2000, Paticat 2006). Depuis 1980, une partie (119 ha.) du Fier d’Ars est classée Réserve Naturelle Nationale (de Lilleau des Niges) (Plan de gestion 2013-2017).

 

Deux sites principaux situés à l’entrée du Fier et en fond de baie au niveau du chenal du Vieux Port (voir Figure) ont été retenus et sont actuellement suivis en 2018 aux quatre saisons. Concernant les paramètres biogéochimiques, la température, salinité, concentration et saturation en oxygène, turbidité, pH ainsi que les pressions partielles de CO2 de l’eau sont mesurés toutes les minutes sur des cycles de 24 heures par une sonde multi-paramètres EXO1 (YSI)  et une sonde C-Sense (Turner/PME/Pro-Oceanus) respectivement, disponibles au LERPC (Ifremer La Rochelle). Le capteur pH (financé par le projet)  possède une précision de 0.3 unités alors que la sonde C-Sense présente un range de 0-2000 ppmv associé à une précision de 60 ppmv (3% du range) (voir Figure).

 

 

Les premiers résultats analysés montrent des variations spatio-temporelles significatives pour l’ensemble des paramètres biogéochimiques mesurés au niveau des deux sites. En particulier, des variations diurne et tidale marquées et un fort contrôle des pCO2 par les processus de photosynthèse/respiration, d’advection horizontale ou encore liés aux couplages benthos-pelagos ont été observées avec des masses d’eau sursaturées en CO2 en Hiver influencées par les zones de marais amont, évoluant vers des masses d’eau sous-saturées au Printemps (Fier) mais avec une influence des marais persistantes (chenal du Vieux Port) (voir Figure).

 

 

Liens et informations utiles

Polsenaere Pierre, Chabirand Jean-Michel, Grizon James (2018).  PAMPANINO - 2018 - Dynamique des pressions partielles de CO2 dans la baie côtière du Fier d’Ars et ses marais. Séminaire de restitution du projet PAMPANINO (mi-année). 18 juillet 2018, Université de La Rochelle, France. https://w3.ifremer.fr/archimer/doc/00452/56342/