Les Chenaux du Payré

Diagnostic des contaminations microbiologiques des Chenaux du Payré

La zone ostréicole du Payré : un site fragile

Le Havre du Payré, qui se situe à une quinzaine de kilomètres au sud des Sables d’Olonne, forme un estuaire vers lequel trois cours d'eau convergent avant de rejoindre l’Océan par les deux chenaux principaux du Veillon et de la Guittière. Ce système forme dans sa partie aval un grand ensemble de 950 ha de zones humides salées et saumâtres composées de marais à poisson, anciennes salines et marais salants. La partie estuarienne est le siège d’une activité ostréicole soutenue, qui concerne 18 entreprises (27 ha concédés) pour un chiffre d’affaires de 3500 k Euros, et représente plus de 60 emplois.

La situation géographique de la zone ostréicole du Payré, comme celle des zones estuariennes analogues, confère à ce site une réelle fragilité au plan sanitaire. Celui-ci se trouve en effet exposé aux apports du bassin versant, utiles lorsqu’il s’agit d’apports équilibrés en éléments nutritifs favorisant le développement du phytoplancton, mais susceptibles d’effets néfastes lorsqu’il s’agit de contaminants. De fait, les résultats du réseau de surveillance microbiologique géré par l’IFREMER (REMI) montrent que ce secteur est soumis à des épisodes récurrents de contamination fécale, parfois importants, qui ont entraîné le classement B de la zone ostréicole. Malgré les progrès de l’assainissement des communes riveraines, l’évolution récente ne laisse pas entrevoir d’amélioration notable de la situation sanitaire pour l’ostréiculture. Il est apparu nécessaire d’entreprendre des démarches supplémentaires de reconquête de la qualité des eaux conchylicoles.

Des études pour mieux comprendre

Dans cet esprit, nous avons mené depuis 2007 deux études complémentaires co-financées par la Région des Pays de la Loire (réponses aux appels à proposition 2007 et 2008 du SMIDAP), pour recueillir des éléments permettant de mieux appréhender les épisodes de pollution microbiologique dans les chenaux.

La première étude (2007-2008) a été centrée sur les aspects hydrauliques au niveau des parcs ostréicoles et sur la contamination bactériologique des huîtres. La seconde (2008-2010) avait pour objectif d’étudier les flux bactériens provenant du bassin versant, ainsi que leur impact sur les zones de production, en lien avec le fonctionnement hydrologique du système estuarien. Elles ont été soutenues par le Comité Régional Conchylicole (CRC) des Pays de la Loire et menées en partenariat avec le Syndicat des Conchyliculteurs du Bassin du Payré (SCOBAP) et le Groupe Associatif Estuaire.