Projet BentChal : Impact du chalutage de fond sur le benthos (Manche-Mer du Nord/Golfe du Lion)

L’Union Européenne a élaboré, en 2008, la Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin (DCSMM) dans le but d’atteindre le Bon Etat Ecologique (BEE) des eaux marines à l’horizon 2020. En reliant les changements observés aux pressions subies, cette directive se définit comme un outil destiné à mieux contrôler les facteurs de dégradation du milieu et à en gérer les conséquences. Plusieurs descripteurs sont définis dans le cadre de la DCSMM et notamment le descripteur 1 portant sur la diversité biologique des fonds marins et le descripteur 6 portant sur l’intégrité des fonds (c’est-à-dire sur la qualité de leurs structures et de leurs fonctions). La pêche aux arts trainants (chalut et drague) étant la principale source de perturbation des fonds du plateau continental, il parait nécessaire d’étudier son impact. Ces effets sont connus pour être dépendants de la distribution spatiale et temporelle de l’effort de pêche ainsi que des habitats ciblés.  Cette étude a donc pour objectif de déterminer les effets des arts trainants dans la zone Manche-Mer du Nord et dans le Golfe du Lion. Le pourcentage d’abrasion, évalué par cellule de 1 minute x 1 minute à l’aide des données VMS, a permis de mettre en évidence une hétérogénéité très importante dans la distribution spatiale de l’effort de pêche dans les zones étudiées (fig. 1). Afin d’étudier la structure des communautés benthiques présentes, trois méthodes d’observation ont été utilisées : le chalutage scientifique (IBTS, CGFS, MEDITS), la drague (Rallier du Baty) et un système vidéo tracté (Pagure 2). L’utilisation des données de chalutage scientifique a permis de comparer, par habitat, la pertinence de différents indicateurs pour évaluer l’effet de l’intensité du chalutage sur les communautés benthiques. Une analyse de la complémentarité des différentes techniques d’observations ainsi qu’une estimation de l’impact du chalutage par rapport aux perturbations naturelles doivent être réalisées sur les zones étudiées.