Application d’un modèle « end-to-end » écosystémique à la Manche Orientale : l’expérience d’Atlantis-EEC

Le modèle “end-to-end” écosystémique Atlantis est développé par le CSIRO afin de répondre aux enjeux de l’approche intégrée de la gestion des ressources marines. Ce modèle est entièrement dynamique et spatialisé. Il permet de suivre les processus qui régissent le fonctionnement des écosystèmes aquatiques depuis les cycles biogéochimiques, vers les relations trophiques et les interactions avec les activités humaines. Le modèle est couramment utilisé pour évaluer l’impact de différentes stratégies de gestion sur l’ensemble de l’écosystème, incluant les activités humaines. Cette plate-forme a été appliquée à l’écosystème de la Manche-Orientale au cours du projet Européen FP7 VECTORS afin de mieux comprendre l’influence de restrictions spatio-temporelles de la pêche sur l’écosystème et sur la pêcherie de poissons plats. L’étude montre qu’une restriction du temps de  pêche et de l’accès à certaines zones de pêche permet une augmentation des abondances des poissons ciblés mais impose une réallocation d'effort de pêche. Dans le cadre du projet H2020 DiscardLess, l’impact de l’obligation de débarquement récemment mise en place par la politique commune des pêches a été évaluée par le modèle. L’obligation de débarquement sans changement de la sélectivité des engins de pêche a très peu d’effet sur le modèle. Une analyse de sensibilité du modèle à l’importance de la part des rejets de poissons dans le réseau trophique a permis de conforter cette observation. Dans le cadre du projet CPER MARCO, des travaux sont en cours pour analyser la sensibilité semi-globale du modèle et évaluer la possibilité d’optimiser la calibration du modèle par le biais d’algorithmes évolutifs. Une évaluation de l‘importance du couplage bentho-pélagique dans la réponse de l’écosystème aux pressions environnementales et anthropiques est envisagé via une approche multi-modèle. Un projet en cours de montage vise à explorer à l’aide de ce modèle la durabilité de l’exploitation de nouvelles ressources marines.