Qualité chimique du milieu marin en Manche Est – Mer du Nord

Cette présentation a permis de faire le point sur les diverses pressions et sources de contaminants dans la sous-région marine (SRM) de la Manche Est – Mer du Nord (MEMN), pour les métaux et substances organiques. Les différents défis et méthodologies de la surveillance chimique dans le milieu marin sont mis en œuvre à travers la stratégie du Réseau d’Observation de la Contamination Chimique du littoral (ROCCH), et de nouvelles méthodologies complémentaires (i.e. l’encagement de moules, les échantillonneurs passifs, et le biomarqueurs). L’évaluation du Bon Etat Ecologique (BEE) selon la Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin (DCSMM) mise à jour en 2018 a montré que les sédiments restent globalement contaminés pour les métaux alors que dans les bivalves la contamination est aujourd’hui assez faible. Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) restent problématiques notamment aux abords des grands ports (Le Havre, Cherbourg) et dans les eaux impactées par le panache de la Seine. Les Polychlorobiphényles (PCB) restent aussi très présents dans la baie de Seine, autant dans les sédiments que dans le biote malgré leur interdiction d’utilisation depuis 1987. Les pesticides sont peu ou pas quantifiés dans le sédiment, mais sont retrouvés dans quelques secteurs de la SRM dans les bivalves. Par rapport à la métropole la contamination dans les bivalves dans la SRM MMN sont supérieurs à la médiane notamment pour l’argent, mais aussi en chrome, cadmium, plomb et mercure. Les derniers travaux réalisés par le LER/N dans le domaine de la biogéochimie des contaminants ont été effectués dans le cadre des projets ECUME (étude des outils d’évaluation de la contamination chimique dans les eaux de la Manche), l’étude VGE (détermination de seuils sur les mollusques alternatifs aux NQE dans l’eau), Interreg MONITOOL (détermination de seuils sur les DGT alternatifs aux NQE dans l’eau pour les métaux), et SCOOTER (étude sur la remobilisation de sédiments contaminés induite par une opération d’extraction de granulats en baie de Seine). Les perspectives de travaux dans ce domaine ont été présentées, notamment dans le cadre d’études en appui aux politiques publiques, à travers les thématiques de la mise en œuvre de nouveaux outils de surveillance (e.g. échantillonneurs passifs), des sources et devenir des contaminants dans la SRM (e.g. apports directs, apports diffus), et des impacts des activités anthropiques (e.g. dragage, clapage, déchets sur les fonds marins).