Plastic-Seine 2017-2020 : Contamination en micro-plastiques dans l’estuaire de la Seine

Les macro-plastiques (de taille supérieure à 5000 µm) et micro-plastiques (entre 50 µm et 5000 µm) représentent 75% des déchets littoraux et marins. Cette pollution est ubiquitaire et est due à notre utilisation massive et quotidienne des matières plastiques. L’estuaire de la Seine est susceptible d’être particulièrement pollué car il est fortement urbanisé et industrialisé. Il constitue donc un site clé pour notre projet.         
Celui-ci est structuré autour de deux objectifs. La première tâche est de faire l’état des lieux de la contamination des compartiments biotiques et abiotiques de la Seine. Pour cela, la colonne d’eau et les sédiments ont été analysés dans 6 stations, et six espèces emblématiques du réseau trophique ont été étudiées. La deuxième tâche est d’évaluer l’impact de cette contamination sur les organismes clés du réseau trophique. A l’IFREMER de Port-en-Bessin, nous participons à la première partie du projet, en réalisant les campagnes de prélèvements des compartiments abiotiques tout en développant de nouvelles techniques d’échantillonnage (Fig 1). L’analyse de la contamination des moules Mytilus edulis et des soles Solea solea est parallèlement menée. Une mise au point du protocole général d’extraction des microplastiques a été nécessaire. Le protocole final est composé de trois étapes : une digestion au KOH suivie d’une séparation densimétrique et de la filtration de la solution obtenue. Les filtres seront ensuite observés à la loupe binoculaire afin de faire le dénombrement de particules. Les analyses sur les soles et moules sont en cours, une détermination de la composition des micro-plastiques par RAMAN et par coloration au Rouge de Nil est prévue. Les premiers résultats obtenus sur le compartiment abiotique montrent une contamination de la colonne d’eau élevée par rapport à d’autres estuaires.