Développement d’un test embryolarvaire sur Dicentrarchus labrax et impact d’un perturbateur endocrinien

L’estuaire de Seine est un milieu fortement contaminé par l’activité anthropique. Les polluants peuvent affecter la physiologie des jeunes poissons, réduire leur croissance et entrainer une mortalité importante des juvéniles pouvant impacter la dynamique de recrutement des stocks des poissons. Ainsi, au niveau de la Seine, une relation entre les niveaux de contamination de l’estuaire et la croissance/densité des juvéniles de sole a été mise en évidence par Gillier et al., 2006.

Néanmoins si le suivi in situ s’avère représentatif des conditions environnementales, il est souvent difficile d’appréhender les causes de ces diminutions. Le développement de bio-essais en laboratoire s’avère alors utile pour s’affranchir des paramètres environnementaux. Dans ce cadre, le développement de tests poissons sur les premiers stades de vie est généralement plébiscité d’un point de vue écotoxicologique. Classiquement, les espèces utilisées dans le cadre de ces tests sont des espèces dulcicoles. L’utilisation réglementaire d’espèces estuariennes ou marines pour les premiers stades de vie se concentre sur 2 espèces inféodées principalement à l’Amérique du Nord. Plus récemment, l’utilisation du Medaka marin a été mise en avant comme modèle prometteur en recherche environnementale (Bo-Mi et al, 2016). Or, ces espèces sont caractérisées par des modes de vie benthiques avec production d’œufs « coulants ». Le développement d’un test embryo-larvaire adapté à une vie pélagique des œufs et larves nous paraît alors pertinent en termes de représentativité de la contamination de la colonne d’eau. Face à ces constats, l’objectif premier de cette étude est la mise au point d’un test embryo-larvaire sur une espèce pélagique représentative de l’estuaire de la Seine: le bar Dicentrarchus labrax ; Le deuxième objectif de l’étude est d’évaluer l’impact d’un contaminant connu pour avoir un impact au cours du développement des poissons et représentatif de la contamination de l’estuaire l’éthinyloestradiol.

Une première série d’expérimentation a permis de définir les conditions optimales de réalisation du test sur une période allant de l’éclosion des œufs jusqu’à l’épuisement du sac vitellin (J11 post éclosion environ). Parallèlement, l’exposition des larves au 3, 4 DCA a permis d’obtenir les premières valeurs toxicologiques en vue de son utilisation en tant que référence positive. Enfin l’impact d’une exposition des larves à une concentration de 500 ng/l d’éthinyloestradiol durant 8 jours a été évalué en termes de mortalité, croissance, malformation et comportement (activité locomotrice et comportement défensif).