Suivis zoosanitaires

Le réseau Repamo (REseau de PAthologie des MOllusques), a été officiellement créé en 1992. Il s’agit d’un réseau de surveillance de l’état de santé des mollusques du littoral français métropolitain, qu’ils soient sur des gisements naturels ou en élevage. Il assure une mission réglementaire et une activité de service public déléguée par le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche à travers la Direction Générale de l’ Alimentation (DGAl), autorité compétente en matière de santé des mollusques marins. La coordination nationale de ce réseau est assurée à partir du Laboratoire Génétique et Pathologie de l’Ifremer de la Tremblade.

Contexte

Le développement d’outils utilisables dans la lutte contre les maladies des mollusques se heurte à différentes difficultés. Peu de solutions sont disponibles pour protéger les mollusques en raison de leurs caractéristiques biologiques et des techniques d’élevages utilisées. En effet, l’absence de mémoire immunitaire (immunité acquise) chez les mollusques interdit toute possibilité de vaccination. A cela s’ajoute l’impossibilité d’appliquer des traitements pharmaceutiques en raison d’élevages réalisés le plus souvent en milieu ouvert.

Face à ces contraintes, et suite à divers situations de crise ayant déjà décimées ou affectées plusieurs espèces, il est apparu essentiel, pour garantir le maintien des productions conchylicoles :

- de prévenir l’introduction d’animaux infectés,

- de détecter rapidement un nouvel agent pathogène afin de limiter sa propagation.

Objectifs

Les objectifs du réseau REPAMO sont de :

- surveiller l’état de santé des mollusques du littoral français et d’en dresser une image de référence

- prévenir l’introduction et la propagation d’organismes pathogènes, en particulier ceux à déclaration obligatoire

- surveiller l’évolution de ceux déjà présents sur le territoire national.

Ces objectifs concernent plusieurs populations de mollusques, à savoir :

- les populations de mollusques d’intérêt commercial (huîtres creuses et plates, moules, palourdes, coques, coquilles Saint-Jacques, ormeaux) en élevage ou sauvages du littoral français

 - les populations de mollusques potentiellement sensibles ou porteurs de maladies à déclaration obligatoire et ne présentant pas nécessairement un intérêt commercial

Mise en œuvre

La surveillance, mise en œuvre sur plusieurs sites du milieu marin ou estuarien du littoral français (claires ostréicoles, les écloseries-nurseries, les bassins de stockage ) se décline en trois principaux protocole :

- protocole I : surveillance des maladies à déclaration obligatoire officiellement présentes en France : la bonamiose due à Bonamia ostreae et la marteiliose due à Marteilia refringens (voir stratégie d’échantillonnage PI)

- protocole II : surveillance des populations élevées et sauvages de mollusques, permettant de recenser les organismes pathogènes naturellement présents en France, de suivre leur évolution et d’évaluer leur impact réel ; il peut permettre également de détecter l’apparition d’une nouvelle maladie et de limiter son extension (voir stratégie d’échantillonnage PII)

- protocole III : étude des cas de hausse de mortalité : le but est d’écarter la présence d’un éventuel organisme pathogène responsable de ces mortalités et d’en prévenir la propagation le cas échéant (voir stratégie d’échantillonnage PIII).

Les analyses et identifications des pathogènes sont réalisées au Laboratoire de Génétique et Pathologie de l'Ifremer de la Tremblade qui est à la fois, le Laboratoire Communautaire de Référence (LCR) pour l'Europe, le Laboratoire National de Référence (LNR) pour les maladies des coquillages et le Laboratoire de Référence de l'Organisation mondiale de la santé animale.

Le LERMPL, comme les autres laboratoires côtiers, est chargé du contact auprès de la profession et de l'administration, de la collecte d'informations lors d'épisodes de mortalité, de la réalisation de prélèvements, soit en routine, soit en alerte (mortalités "anormales"), puis de l'expédition des échantillons au laboratoire de la Tremblade.

Résultats attendus

En ce qui concerne le protocole II, les analyses effectuées ont pour objet d’écarter ou de confirmer une hypothèse infectieuse lors de hausse de mortalité, et, le cas échéant, de révéler la présence d’organismes pathogènes connus ou nouveaux (émergents, exotiques). Ce protocole répond à une mission de surveillance nationale, le client est l’autorité compétente, la DGAl ( Direction Générale de l’ Alimentation) et les DDTM qui sont destinataires des résultats des interventions Repamo. Les résultats du protocole II contribuent à maintenir un état de veille à l’égard des épisodes infectieux qui peuvent menacer le cheptel français. En cas de suspicion d’agents infectieux, la mise en place de mesures conservatoires (suspension des transferts) peut être déclenchée par décision du préfet de région afin d’éviter la propagation de la maladie. Lorsqu’un organisme pathogène à déclaration obligatoire, précédemment absent du territoire national, est détecté au cours d’un cas d’une hausse de mortalité, l’autorité compétente le notifie à la Commission Européenne et à l’ Organisation mondiale pour la santé animale (OIE).

Le protocole III doit être envisagé comme le protocole le plus flexible et le plus à même de répondre au besoin du moment en matière de surveillance des maladies, et vise à répondre :

- au besoin d’informations sur le statut du littoral français à l’égard d’une maladie exotique

- au questionnement à l’égard du cycle épidémiologique d’une maladie déjà présente sur le territoire.

Si une maladie s’exprime pendant les périodes de crise par des hausses de mortalités, toutes les informations concernant l’épidémiologie (espèces sensibles, espèces vectrices, période d’infestation…) doivent être étudiées sur une période plus longue que celle couverte par la mortalité. En effet, le recueil des données épidémiologiques est essentiel pour mieux comprendre une affection ; il s’agit d’un préalable avant toute mise en place d’outils de lutte par l’autorité compétente.