Contamination microbiologique

Créé en 1989, puis révisé en 1997, le REMI, réseau de contrôle microbiologique des zones de production conchylicoles permet de surveiller les zones de production de coquillages exploitées par les professionnels, classées A, B et C par l'Administration. Sur la base du dénombrement des Escherichia coli dans les coquillages vivants, le REMI permet d'évaluer les niveaux de contamination microbiologique et de suivre leurs évolutions, de détecter et suivre les épisodes inhabituels de contamination.

Contexte

Le milieu littoral est soumis à de multiples sources de contamination d'origine humaine ou animale : eaux usées urbaines, ruissellement des eaux de pluie sur des zones agricoles, faune sauvage. En filtrant l'eau, les coquillages concentrent les microorganismes présents dans l'eau. Aussi, la présence dans les eaux de bactéries ou virus potentiellement pathogènes pour l'homme (Salmonella, Vibrio spp, norovirus, virus de l'hépatite A) peut constituer un risque sanitaire lors de la consommation de coquillages (gastro-entérites, hépatites virales).

Objectifs

Le REMI a pour objectif de surveiller les zones de production de coquillages exploitées par les professionnels, et classées A, B ou C par l'administration. Sur la base du dénombrement des Escherichia coli (bactéries communes du système digestif recherchées comme indicateurs de contamination fécale) dans les coquillages vivants, le REMI permet d'évaluer les niveaux de contamination microbiologique dans les coquillages et de suivre leurs évolutions, de détecter et suivre les épisodes de contamination.

Mise en œuvre

Le réseau est organisé en deux volets :

  • surveillance régulière

Un échantillonnage mensuel, bimestriel ou adapté (exploitation saisonnière) est mis en œuvre sur 34 points de suivi sur le secteur du Morbihan et 38 points sur le secteur de Loire-Atlantique.

  •  surveillance en alerte

Trois niveaux d'alerte sont définis correspondant à un état de contamination.

- Niveau 0 : risque de contamination (événement météorologique, dysfonctionnement du réseau…)

- Niveau 1 : contamination détectée

- Niveau 2 : contamination persistante

Le seuil microbiologique déclenchant une surveillance renforcée est défini pour chaque classe de qualité (classe A : 230 Escherichia coli /100 g de CLI ; classe B : 4 600 Escherichia coli /100 g de CLI ; classe C : 46 000 Escherichia coli /100 g de CLI).

Résultats attendus

Les données de surveillance régulière permettent d'estimer la qualité microbiologique de la zone sur la base des trois dernières années calendaires. Le traitement des données acquises sur les 10 dernières années permet par ailleurs de suivre l'évolution des niveaux de contamination (bulletins Aurige).

Le dispositif en alerte se traduit par l’information immédiate de l'administration afin qu'elle puisse prendre les mesures adaptées en terme de protection de la santé des consommateurs et par une surveillance renforcée jusqu'à la levée du dispositif d'alerte, avec la réalisation de prélèvements et d'analyses supplémentaires.

En plus de l'aspect sanitaire, les données REMI reflètent les contaminations microbiologiques auxquelles sont soumises les zones. Le maintien ou la reconquête de la qualité microbiologique des zones implique une démarche environnementale de la part des décideurs locaux visant à maîtriser ou réduire les émissions de rejets polluants d'origine humaine ou animale en amont des zones. La multiplicité des sources rend souvent complexe l'identification de l'origine de cette évolution. Elle peut être liée par exemple à l'évolution démographique qui rend inadéquats les ouvrages de traitement des eaux usées existants, ou des dysfonctionnements du réseau liés aux fortes pluviométries, aux variations saisonnières de la population (tourisme), à l'évolution des pratiques agricoles (élevage, épandage…) ou à la présence de la faune sauvage.

Par sa compétence et son expertise sur le devenir en mer des apports microbiologiques et en s’appuyant sur les outils développés au sein du laboratoire (SIG, modélisation) le LER/MPL participe à différentes études sur des bassin versants côtiers pour aider à l’identification des sources de contamination (études rivière d’Auray, Pénerf).