Contaminant chimique

Depuis 2008, le Réseau d'Observation de la Contamination CHimique du littoral (ROCCH) a pris la suite du RNO (Réseau National d'Observation de la qualité du milieu marin) qui existait depuis 1974. Ce réseau constitue le principal outil de connaissance des niveaux de contamination chimique de notre littoral.

Contexte

Le milieu littoral est soumis à de multiples sources de contamination chimique : activités industrielles, agricoles (traitements chimiques) et urbaines.Le RNO est créé en 1974 par le Ministère chargé de l’environnement afin de connaître les niveaux de contamination chimique de notre littoral. Les 3 grands volets structurant le réseau sont mis en place successivement :

- 1974 : paramètres généraux de qualité : mesures dans l’eau

- 1979 : contaminants : mesures dans les organismes et le sédiment

- 1991 : effets biologiques : études et suivis expérimentaux

A partir de 2008, la Directive Cadre européenne sur l’Eau (DCE) a fixé un nouveau cadre réglementaire à la surveillance chimique et le ROCCH a pris la suite du RNO.

Objectifs

Le ROCCH a pour objectif d’évaluer les niveaux et les tendances de la contamination chimique du littoral et des paramètres généraux de la qualité du milieu. La colonne vertébrale du ROCCH est l’application de la DCE et la réponse aux obligations des Conventions OSPAR et de Barcelone.

Le ROCCH intègre également le suivi chimique des zones de production conchylicoles pour le compte de la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL) du Ministère de l’agriculture et de la pêche. Cette surveillance porte sur l’analyse dans les espèces exploitées des trois métaux réglementés (mercure, plomb, cadmium), des dioxines, PCB dl (PCB de type dioxine) et des HAP (hydrocarbures polycycliques aromatiques).

Mise en œuvre

La surveillance des contaminants chimiques est effectuée dans les trois matrices marines, eau, biote et sédiment.

  • Surveillance dans l’eau

C’est la seule matrice pour laquelle la DCE prévoit des Normes de Qualité Environnementale (NQE) à ne pas dépasser pour 41 substances jugées prioritaires. Les contaminants chimiques dans l’eau doivent être suivis avec une fréquence mensuelle pendant 12 mois au cours de chaque plan de gestion de 6 ans. La dernière campagne de prélèvements sur notre secteur géographique a eu lieu de mai 2008 à mai 2009.

  • Surveillance dans le sédiment

La surveillance dans le sédiment est réalisée lors d’une campagne annuelle portant sur une façade différente chaque année. L’ensemble du littoral est ainsi visité tous les six ans, ce qui correspond à la durée d’un plan de gestion DCE. La dernière campagne sur notre secteur géographique a été réalisée en 2008 (secteur Loire et Vilaine) et 2009.

  • Surveillance dans les coquillages

Les mollusques possèdent, comme de nombreux organismes vivants, la propriété de concentrer de nombreux contaminants présents dans le milieu où ils vivent (métaux, contaminants organiques hydrophobes). Ce phénomène de bioaccumulation est lent et peut nécessiter plusieurs mois de présence d’un coquillage sur un site pour que sa concentration en contaminant soit représentative de la contamination du milieu ambiant. Les analyses et les manipulations d’échantillons sont facilitées car les concentrations sont plus élevées que dans l’eau. Ces matrices intégratrices permettent en outre de connaître l’état chronique du milieu, s’affranchissant de ses fluctuations rapides.

On distingue deux périodes de prélèvements :

- En février, des prélèvements sont réalisés pour répondre aux objectifs de classements des zones conchylicoles dans le cadre de la surveillance sanitaire.

L’analyse des métaux est réalisée par le laboratoire « Contaminants métalliques » du département « Biogéochimie et écotoxicologie » (BE/CM) du centre Ifremer de Nantes. L’analyse des contaminants organiques est confiée au LABERCA (Laboratoire d’Etude des Résidus et Contaminants dans les Aliments) de Nantes.

- En novembre, des prélèvements sont réalisés dans le cadre du suivi OSPAR/DCE, sous maîtrise d’ouvrage AELB. Les analyses font l’objet d’appels d’offres.

Les 20 substances OSPAR sont échantillonnées sur 6 points de notre secteur géographique.

Certaines stations anciennement prélevées dans le cadre du RNO continuent également à être échantillonnées pendant cette période afin de conserver les séries historiques. Ces échantillons sont traités pas le département BE du centre Ifremer Nantes et archivés dans la mytilothèque Ifremer.

Résultats attendus

Les données du RNO, puis du ROCCH, sont gérées dans la base Quadrige2 de l’Ifremer.

Les résultats acquis sur les prélèvements de matière vivante de février permettent d’estimer la qualité chimique des zones de productions conchylicoles. Ces résultats sont adressés aux Directions des Ministères concernés (DGAL, DPMA et DGS). En décembre, la coordination du ROCCH fournit le bilan annuel de la surveillance sanitaire mettant en évidence les éventuels dépassements des normes sanitaires.

Les données acquises dans le cadre de la DCE doivent contribuer à évaluer l’état chimique des masses d’eau côtières et de transition. A l’initiative de l’agence de l’eau Loire-Bretagne et de l’Ifremer, les résultats acquis par les réseaux de surveillance de la DCE sont présentés dans un atlas interactif consultable à l’adresse suivante :

http://envlit.ifremer.fr/surveillance/directive_cadre_sur_l_eau_dce/la_dce_par_bassin/bassin_loire_bretagne/fr/atlas_interactif

Cette évaluation, qui dresse un bilan d’étape de la qualité des masses d’eau, ne se substitue pas à l’état des lieux officiel, qui sera révisé en 2013. Par ailleurs, les résultats du réseau ROCCH fournissent une image de la contamination chronique du littoral et permettent de définir un état de référence en cas de pollution accidentelle du littoral.