Quelles actions pour réussir à atteindre en 2015 le "bon état" des eaux littorales?

La surveillance DCE permet d’évaluer la qualité (« état ») écologique et chimique des masses d’eau littorales, en suivant régulièrement un certain nombre de paramètres (« éléments de qualité »). C’est un maillon essentiel pour garantir la bonne mise en œuvre de la DCE. Lorsque les résultats révèlent une eau de mauvaise qualité, se pose concrètement la question de « redresser la barre » pour retrouver une qualité acceptable. La même question se pose pour simplement maintenir une eau évaluée en « bon état » par la surveillance. Il s’agit de vrais défis que les collectivités, les syndicats d’aménagement et les autres acteurs locaux relèvent au moyen d’actions concrètes pour respecter les obligations du Sdage.

Les 7 orientations fondamentales de l’enjeu important « Préserver le littoral » du Sdage 2010-2015 :

  • Limiter l’eutrophisation des eaux côtières et de transition
  • Limiter ou supprimer certains rejets en mer
  • Améliorer la qualité des eaux de baignade
  • Protéger la qualité des eaux destinées à la conchyliculture
  • Assurer l’adéquation entre ressource et besoins en eau potable
  • Améliorer la connaissance et la protection des écosystèmes littoraux
  • Préciser les conditions d’extraction des matériaux marins (sables, graviers)

Afin de répondre à ces orientations, divers programmes d’actions sont mis en œuvre. En voici quelques exemples :

Réponse à l’orientation fondamentale « Limiter l’eutrophisation des eaux côtières et de transition »

Objectif : réduire les flux d’azote à la mer pour lutter contre les marées vertes
Dans un premier temps : un accord régional « Prolittoral »

Prolittoral est une charte, signée en 2002, entre les différents partenaires financiers de Bretagne : le Conseil régional, les Conseils généraux des 4 départements et l’agence de l’eau Loire-Bretagne. Conscients de l’impact des marées vertes sur l’environnement et l’économie de la Bretagne, ces partenaires ont souhaité mutualiser et coordonner leurs moyens.

Le contenu de la charte s’organise autour de la description des 3 volets indispensables à la lutte contre les marées vertes :

  • un volet préventif : il se compose de programmes d'actions à mener sur les bassins versants. Il s’est concrétisé par la signature de contrats avec 7 bassins versants qui se sont associés à cette démarche. Montant de travaux : 10 millions d’euros.
  • un volet curatif : il porte sur la collecte et la gestion des algues vertes dans les communes concernées ; il est estimé à 3,8 millions d’euros.
  • un volet transversal : il comprend des actions d’animation du projet et de suivi du phénomène de marées vertes. Le Centre d’Etudes et de Valorisation des Algues de Pleubian (CEVA) a été désigné comme la structure technique de référence. Elle assure la maîtrise d’œuvre de ce volet. Sur les 5 années, le montant de ce soutien est estimé à 2,9 millions d‘euros.

Dans un second temps, des contrats locaux. L’exemple de la Lieue de Grève :

Le bassin de la Lieue de Grève couvre 12 000 hectares sur 12 communes des Côtes d’Armor. Il compte 5 cours d’eau. Le plus important, le Yar, alimente une prise d’eau potable desservant 2 800 abonnés. Le bassin compte aussi 180 exploitations agricoles majoritairement orientées vers la production laitière. La surface agricole utile est composée à 46% de surfaces en herbe et 20% en surface de maïs. L’exutoire du bassin est le siège d’un développement important d’algues vertes. Depuis le premier contrat territorial signé en 2003, les agriculteurs font évoluer leurs pratiques dans le cadre d’engagements individuels. Une animation forte a permis de soutenir cette dynamique pour accompagner :

  • la réalisation systématique des plans de fumure,
  • la réduction de la fertilisation azotée du maïs, notamment sa partie minérale,
  • une meilleure valorisation des effluents d’élevage.
  • la réduction des pollutions non agricole
  • la gestion des algues ramassées

La pression azotée a ainsi baissé de 23%, soit de 48 kg d’azote par hectare en moins. Parallèlement, entre 2000 et 2008, le Yar a vu sa concentration moyenne annuelle en nitrates passer de 34 à 26mg/l.
Maître d’ouvrage : Communauté de commune Lannion Trégor
Coûts des travaux sur 5 ans : 2,5 millions d’euros

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Réponse aux orientations fondamentales : « Limiter l’eutrophisation des eaux côtières et de transition » et « Limiter ou supprimer certains rejets en mer »

Objectifs : réduire les flux de nutriments et de pesticides à la mer

Le programme « Bretagne Eau Pure » du SAGE Vilaine

La lutte contre les pollutions diffuses est un enjeu fondateur du SAGE Vilaine. Le SAGE constate que cette lutte ne peut être conduite qu’au plus près du terrain, dans des structures intercommunales opérant à l’échelle des affluents de la Vilaine. L’ensemble du bassin est concerné par ces actions. Retrouver une bonne qualité des eaux passe avant tout par une diminution des quantités épandues ou rejetées. C’est pourquoi, les outils et méthodes développés dans le cadre des programmes « Bretagne Eau Pure » ont vocation à être utilisés et généralisés dans tous les programmes d’action sur le bassin.

Les principaux objectifs sont :

  • diminuer les doses de produits phytosanitaires,
  • limiter l’utilisation des produits désherbants sur la voirie,
  • maîtriser les épandages et déjections animales sur les surfaces.

Le bilan agrozootechnique montre que certains secteurs (en particulier sur l’Oust) doivent faire l’objet de solutions d’élimination et de traitement par des filières collectives ou semi-collectives.
Des actions réalisées dans le cadre du SAGE Vilaine par l’Institution d’Aménagement de la Vilaine.

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Réponse à l’orientation fondamentale « Améliorer la qualité des eaux de baignade »

Objectif : améliorer la qualité sanitaire des eaux de baignade
La reconquête de la qualité sanitaire des usages du littoral est une préoccupation importante du comité de bassin depuis de nombreuses années. Entre 1998 et 2006, il a mis en place trois programmes exceptionnels d’aides majorées afin de mobiliser les communes du littoral pour améliorer la qualité des eaux de leurs plages. Ce sont ainsi 44 communes qui ont adhéré à ces opérations. L’essentiel des 42 millions d’euros de travaux portaient sur la réparation de fuites des réseaux d’assainissement. Après cela, 80% des plages ont récupéré une bonne qualité.

Réponse à l’orientation fondamentale « Limiter ou supprimer certains rejets en mer »

Objectif : améliorer la qualité des eaux des ports
Exemple n°1. L’opération « Vague Bleue » : collecte des déchets dangereux polluants pour les eaux

L’opération « Vague Bleue » a été lancée en 2007 sur le littoral Loire-Bretagne. Elle vise à collecter les déchets dangereux et polluants, pour les eaux du littoral, produits par les activités nautiques. Dans ce secteur, près de 400 entreprises exercent des activités d’entretiens, de réparations ou de constructions nautiques. Elles peuvent produire des déchets dangereux tels que des résidus d’antifouling, de peintures, de solvants usagés mais aussi de filtres à huile et à carburants. L’opération consiste à attribuer la marque « Vague Bleue « aux entreprises qui garantissent le respect de l’environnement (respect des conditions de stockage des déchets dangereux, respect de l’interdiction de brûlage à l’air libre des déchets…).

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Exemple n°2 : L’initiative du port de La Rochelle

Face à la dégradation des eaux portuaires (eaux usées, huiles de vidanges ou de moteurs), le port de La Rochelle conduit des actions environnementales, depuis 2006, pour assurer la collecte des déchets des bateaux. Les principales réalisations mises en place directement dans le port :

  • des containers et pompes pour réunir les huiles usées des fonds de cale
  • un bateau dédié à la collecte des eaux usées
  • une interdiction de nettoyer les bateaux de plaisance de mai à octobre

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Comment les animateurs de SAGE mettent-ils en oeuvre la politique de l'eau sur un bassin versant?

ANTISECHE
Qu'est que l'eutrophisation?
C'est un apport excessif d’azote et de phosphore entraîne la prolifération de certains végétaux aquatiques (phytoplancton, algues vertes). La consommation d’oxygène résultant de cette prolifération entraîne une asphyxie du milieu et la mortalité des organismes vivants.