Norocoqauray

Contamination des coquillages en élevage en rivière d'Auray par les Norovirus

Porteurs du projet

  • Ifremer Laboratoire Environnement Ressources Morbihan Pays de Loire 
  • Ifremer Laboratoire Santé Environnement et Microbiologie (Nantes)
  • Comité Régional de la Conchyliculture - Bretagne Sud

 Financement

  • Fonds Européen pour la Pêche
  • Ministère de l'Ecologie, du Développement Durable et de l'Energie
  • Région Bretagne
  • Conseil Général du Morbihan

Partenaires

  • Communauté de communes AQTA (Auray Quiberon Terre Atlantique)
  • SAUR
  • SMLS (Syndicat Mixte du Loc'h et du Sal)

 

Contexte

Les norovirus (NoV) sont responsables des épidémies hivernales de gastroentérites aiguës dans la population. Ils sont excrétés dans les fèces humains, puis se retrouvent, après épuration insuffisante, dans le milieu marin naturel où ils peuvent contaminer des coquillages, qui à leur tour risquent de déclencher des gastroentérites chez les consommateurs.

Cette étude vise à améliorer les connaissances sur la contamination des coquillages en élevage en rivière d’Auray par les NoV, en lien avec les bactéries témoins de contamination fécale Escherichia coli (E. coli).

Objectifs

La présente étude s’inscrit dans une démarche de renforcement des connaissances sur la qualité de la zone de production conchylicole de la rivière d’Auray, concernant les NoV. La restructuration de la station de traitement des eaux usées de Kerran (Morbihan), évoluant d’une filière d’épuration de type lagunage aéré vers une filière de type membranaire, représente un contexte intéressant pour évaluer l’impact du changement de filière de traitement sur les niveaux de contamination du rejet, ainsi que sur la qualité de la zone conchylicole située en aval.

Dans ce cadre, les principaux objectifs de cette étude sont :

- d’étudier les performances épuratoires des deux filières de traitement (lagunage aéré et réacteur membranaire), sur l’abattement des NoV et des bactéries indicatrices de contamination fécale (E. coli),

- de calculer les flux d’E. coli et de NoV rejetés par la station de Kerran, ainsi que par d’autres rejets locaux. L’objectif n’étant pas d’effectuer un inventaire exhaustif des sources potentielles d’apports en NoV sur le secteur d’étude, seuls quelques rejets de typologie différente (rejet urbain, agricole, mixte, pluvial, …) ont été retenus,

- d’estimer l’importance relative de ces flux entre eux, et de comparer les impacts respectifs de l’ancienne et de la nouvelle filière de traitement sur la contamination des zones conchylicoles situées en aval.

Enfin, le devenir des flux de NoV, à partir des différentes sources estimées durant l’étude sera simulé au moyen du modèle hydrodynamique tridimensionnel « Mars 3D ».

Principaux résultats

La nouvelle station d’épuration à boues activées et réacteur membranaire a permis d’améliorer considérablement la qualité microbiologique (E.coli et NoV) du rejet. L’abattement sur le paramètre E. coli passe de 4 unités Log pour la filière lagunaire, à plus de 6 unités Log pour la filière membranaire. Pour les NoV, l’abattement passe de 3 unités Log à plus de 4,6 unités Log. Sur les 13 échantillons analysés en sortie de filière membranaire, un seul s’est révélé supérieur au seuil de détection de la méthode.

Les apports en NoV des autres exutoires étudiés sont plus difficiles à quantifier en raison de la stratégie d’échantillonnage (prélèvements ponctuels) et de problèmes analytiques dus à la présence d’inhibiteurs dans les échantillons. Cependant, les résultats de quantification de NoV obtenus au cours de la première phase dans les différents exutoires montrent des concentrations de niveau équivalent à celles observées en sortie des lagunes. Les résultats positifs obtenus dans les échantillons d’eau ne sont pas préférentiellement obtenus durant la période épidémique GEA dans la population.

 

Dans les coquillages, les concentrations de NoV se situent à des niveaux homogènes sur tous les points. Au cours de la seconde année de suivi, on observe une baisse à la fois du nombre d’échantillons positifs et du niveau de contamination en NoV. Ce résultat peut être lié aux caractéristiques de l’épidémie de gastroentérites dans la population, plus courte dans le temps. Cependant, la présence de NoV dans les coquillages au cours de cette seconde année, en l’absence de rejet de NoV par la nouvelle station de traitement membranaire, confirme que cette station d’épuration n’est pas la seule source d’apport de NoV vers la zone conchylicole.

La modélisation hydrodynamique des flux de NoV de la première phase confirme les résultats dans les coquillages en démontrant par exemple l’impact du rejet du Reclus sur l’ensemble de la zone étudiée.