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Modélisation de l'impact bactériologique des bassins versants de la rivière d'Auray

L'étude "Modélisation de l'impact bactériologique des bassins versants de la rivière d'Auray" a été réalisée en 2012. L'objectif de cette étude était d'évaluer par modélisation l'impact des 16 sous-bassins versants de la rivière d'Auray sur la contamination des zones conchylicoles de ce bassin de production. Cette étude a été menée par le laboratoire LER/MPL, à la demande du SMLS, le Syndicat Mixte du Loc'h et du Sal.

Contexte

La dégradation de la qualité sanitaire des coquillages de la rivière d’Auray de ces dernières années a incité le Syndicat Mixte du Loc’h et du Sal (SMLS) à lancer une étude diagnostic sur les sources de contaminations microbiologiques sur le bassin versant de la rivière d’Auray. Dans le cadre de cette étude diagnostic le SMLS a réalisé, entre juin 2009 et mai 2010, 24 campagnes de mesures (12 par temps sec et 12 par temps de pluie) sur 16 exutoires afin d’acquérir des données de concentrations bactériennes en provenance des sous-bassins versants se jetant dans la rivière d’Auray. Pour évaluer la part relative de chaque sous-bassin versant à la contamination des zones conchylicoles, l'Ifremer a proposé une approche par modélisation.

Réalisation

A partir des résultats obtenus par le SMLS, il a été possible modéliser en continu 13 des 16 sous-bassins versants dans les conditions suivantes :

  • simulation sur une année complète (entre le 1er juin 2009 et 1er juin 2010) ;
  • conditions de marée et de vent réalistes ;
  • la durée de survie des bactéries (E. coli) est prise en compte dans le modèle par l'intermédiaire du T90, temps de disparition de 90 % des bactéries, fixé à 48 heures ;
  • simulations individuelles des 13 rejets de manière à mesurer l'impact de chaque bassin versant sur les zones conchylicoles. La somme des rejets initiaux a été également calculée pour permettre l’estimation de l'impact global ;
  • les débits et les flux en E. coli injectés dans le modèles sont les flux journaliers estimés pour chacun des 13 exutoires.

Résultats

Cette étude réalisée avec le modèle Mars 2D a permis d’estimer l’impact respectif des différents bassins versants sur la contamination microbiologique des zones conchylicoles de la rivière d’Auray. Les panaches maximum individuels mettent en évidence que de nombreux exutoires ont un impact très limité sur la contamination des zones conchylicoles. Le rejet « Anse de Baden », en raison des flux modélisés importants et de sa proximité avec les zones conchylicoles serait le plus impactant dans les conditions modélisées (flux maximums). Le maximum de contamination est observé en hiver au moment des plus forts débits et des fortes pluies. Le modèle montre également que des fortes pluies en période sèche (juin 2009) peuvent aussi être très impactantes.
Les résultats présentés concernent les flux maximum observés une fois sur l’année d’étude. La comparaison entre les résultats du modèle et les données mesurées sur le terrain (résultats sur l’eau de la CQEL et les résultats du REMI corrigés d’un facteur de concentration pour prendre en compte le facteur d’enrichissement entre l’eau et le coquillage) montre un décalage avec une sous estimation des niveaux par le modèle.