Dinophag

Le projet Dinophag "DInophysis dans les eaux littorales des Pays de la Loire : impact économique et nouvelles pistes de recherche (PHAGotrophie) pour la surveillance" a été accepté en 2010. Ce projet est géré par le Laboratoire Environnement Ressources Morbihan-Pays de Loire (LER/MPL).

Partenaires principaux :

  • Laboratoire de recherche Phycotoxines (Phyc), Centre de Nantes
  • DYNECO VIGIES, Centre de Nantes

Contexte

Les microalgues du genre Dinophysis peuvent synthétiser des toxines diarrhéiques susceptibles de s’accumuler dans les mollusques bivalves comestibles. Elles constituent de ce fait une menace pour la santé des consommateurs, en Europe comme en Amérique ou en Asie. Depuis les années 80, les eaux littorales des Pays de la Loire sont régulièrement affectées par des proliférations de Dinophysis, principalement l’espèce Dinophysis acuminata. Celle-ci produit, comme d’autres espèces de Dinophysis, l’acide okadaïque dont les effets aigus sur les vertébrés supérieurs comprennent des symptômes diarrhéiques non spécifiques.

En terme de gestion du risque sanitaire, la réponse à la présence de toxines produites par Dinophysis est l’interdiction de la commercialisation des coquillages, ce qui se traduit par des conséquences économiques et sociales néfastes pour les conchyliculteurs. Les espèces du genre Dinophysis constituent donc aussi un sujet de préoccupation chez les décideurs et aménageurs.

Dinophysis n’ayant jamais pu être cultivé en laboratoire avec les techniques habituellement utilisées pour les microalgues, les chercheurs ont rencontré de grandes difficultés pour faire avancer les connaissances sur les conditions environnementales qui favorisent son développement et sa toxicité.

Les études scientifiques récentes ont montré que Dinophysis est une microalgue étonnante qui déploie une stratégie originale pour assurer sa croissance. Il est devenu possible de cultiver Dinophysis en lui fournissant une proie à laquelle il «dérobe» une partie de son contenu cellulaire. La proie de Dinophysis est un protozoaire planctonique (Myrionecta rubra, anciennement Mesodinium rubrum) bien connu de certains conchyliculteurs car lorsqu’il est présent en grandes quantités dans l’eau, il lui donne, ainsi qu’aux bivalves qui le consomment, une coloration rouge, sans toxicité toutefois.

Si depuis quelques années, plusieurs laboratoires étrangers maîtrisent les premières cultures de Dinophysis, il n’existe pas à notre connaissance de laboratoire français ayant entrepris cette démarche. Pourtant, les eaux littorales du sud Bretagne et de Loire Atlantique sont parmi les plus touchées par la présence de Dinophysis. Aussi, les entreprises conchylicoles, les collectivités territoriales et les services de l’état sont demandeurs d’informations pouvant conduire à une meilleure connaissance du phénomène « Dinophysis » et à une optimisation de la surveillance des eaux côtières.

Objectifs

  • Mobiliser l’expertise scientifique régionale pour apporter des réponses aux questions posées par les acteurs socioprofessionnels et publics sur l’une des principales nuisances des eaux côtières des Pays de Loire,
  • vérifier si dans les eaux littorales des Pays de Loire, on retrouve ce nouveau modèle de développement de Dinophysis en association avec le cilié Myrionecta rubra ou avec une proie équivalente.
  • essayer de mettre en évidence une composition planctonique favorisant la prolifération de Dinophysis voire des espèces «sentinelles» annonçant la présence de Dinophysis dans les eaux littorales des Pays de la Loire,
  • isoler une ou plusieurs souches de Dinophysis et de Myrionecta rubra dans les eaux des Pays de la Loire pour les mettre en culture afin de pouvoir rechercher ultérieurement en laboratoire les facteurs qui conditionnent la toxicité des souches régionales de Dinophysis.

Résultats attendus

  • la rédaction d’un document pédagogique à destination du grand public faisant la synthèse des conséquences économiques qu’entraîne la présence de Dinophysis dans les eaux littorales des Pays de Loire et expliquant la biologie originale de cette microalgue toxique,
  • la mise en évidence de communautés phytoplanctoniques et microzooplanctoniques pouvant servir d’indicateurs d’un développement potentiel de Dinophysis
  • la mise à jour d’un schéma du développement de Dinophysis, permettant de rechercher d’éventuelles causes humaines dans l’évolution de ce phénomène,
  • une optimisation de la surveillance de Dinophysis.