16ème Carrefour des Gestions Locales de l'Eau

Proliférations de phytoplancton en eaux douces et côtières

Ce séminaire, organisé conjointement par le Conseil scientifique de l'environnement de Bretagne et le Centre de Ressources et d'expertise scientifique sur l'eau de Bretagne, en partenariat entre autres avec l'Agence de l'Eau Loire Bretagne, s'est déroulé les 28 et 29 janvier dernier.

A cette occation, Philippe Souchu est intervenu dans l'exposé suivant : "Causes des blooms phytoplanctoniques et conséquences sur la vie aquatique en eaux marines côtières".

Dans les eaux marines tempérées (océaniques et littorales), le phytoplancton se développe à la fin de l'hiver lorsque la lumière devient suffisante pour la photosynthèse et ce, jusqu'à ce que les nutriments s'épuisent dans l'eau. Le bloom printanier est naturel et dans les eaux littorales son amplitude varie notamment en fonction des apports de nutriments d'origine continentale.

En revanche, des proliférations estivales de phytoplancton sont le plus souvent indicatrices d'une dégradation déjà avancée de l'écosystème. Ces proliférations estivales sont en lien avec une fertilisation des eaux soutenue le plus souvent par les activités humaines et par un recyclage des nutriments à l'intérieur même de l'écosystème, stimulé par la température. Dans les eaux littorales soumises aux variations saisonnières, l'augmentation de la température entraîne la diminution de l'épaisseur de la couche sédimentaire oxygénée de surface, en raison d'une pénétration moindre de l'oxygène et d'une respiration accrue des organismes benthiques. L'anoxie estivale des sédiments riches en matières organiques détritiques provoque une libération de nutriments dans l'eau qui contribuent au développement des blooms phytoplanctoniques.

Les baisses d'oxygène dissous (hypoxie) provoquées dans les eaux de fonds par décomposition de la matière organique peuvent compromettre la vie benthique animale et transformer en profondeur les réseaux trophiques, conduisant à l'apparition de zones dites "mortes". Les masses d'eaux côtières au large de la Loire et de la Vilaine, les plus dégradées de la côte Atlantique par les proliférations de phytoplancton, peuvent être considérées comme des zones mortes potentielles.