Le REMI en Finistère

Contexte

Le milieu littoral est soumis à de multiples sources de contamination fécale d'origine humaine ou animale : assainissements collectif ou individuel, activité d’élevage, faune sauvage (figure ci-dessous). En filtrant l’eau, les coquillages concentrent les microorganismes présents dans l’eau. Aussi, la présence dans les eaux de bactéries ou virus potentiellement pathogènes pour l’homme (Salmonella, Vibrio spp, norovirus, virus de l’hépatite A) peut constituer un risque sanitaire lors de la consommation de coquillages.

Les Escherichia coli, bactéries communes du système digestif sont recherchées comme indicateurs de contamination fécale. Le temps de survie des microorganismes en mer varie suivant l'espèce considérée (deux à trois jours pour Escherichia coli à un mois ou plus pour les virus) et les caractéristiques du milieu (température, turbidité, ensoleillement).

Le classement et la surveillance sanitaire des zones de production de coquillages répondent à des exigences réglementaires (tableau).

Exigences réglementaires microbiologiques du classement de zone (Règlement (CE) n° 854/2004, arrêté du 06/11/2013)

Objectifs

Le REMI a pour objectif de surveiller les zones de production de coquillages exploitées par les professionnels, et classées A, B ou C par l'administration. Les classements des zones de production de coquillages du Finistère sont issus d’un arrêté préfectoral n° 2019-xxx (en cours) portant classement de salubrité et surveillance sanitaire des zones de production des coquillages vivants dans le département du Finistère.

Mise en œuvre du REMI

Surveillance régulière en Finistère

La stratégie de surveillance régulière repose sur un échantillonnage réalisé à fréquence déterminée : mensuelle, bimestrielle ou adaptée à la période d’exploitation. L’échantillonnage mensuel est mis en œuvre sur les 59 points de suivi dont deux pour deux taxons. Les analyses sont réalisées uniquement dans des laboratoires agréés par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation pour le dénombrement des Escherichia coli dans les coquillages marins vivants. La méthode de référence est les méthodes NF V08-106[1] NF EN/ISO 16649-3[2]. Les données de surveillance régulière permettent d'estimer la qualité microbiologique de la zone. Le traitement des données acquises sur les 10 dernières années permet de suivre l'évolution des niveaux de contamination au travers d’une analyse de tendance.

En plus de l'aspect sanitaire, les données REMI reflètent les contaminations microbiologiques auxquelles sont soumises les zones. Le maintien ou la reconquête de la qualité microbiologique des zones implique une démarche environnementale de la part des décideurs locaux visant à maîtriser ou réduire les émissions de rejets polluants d'origine humaine ou animale en amont des zones. Ainsi, la décroissance des niveaux de contamination témoigne d’une amélioration de la qualité microbiologique sur les 10 dernières années, elle peut résulter d'aménagements mis en œuvre sur le bassin versant (ouvrages et réseaux de collecte des eaux usées par exemple, stations d'épuration, systèmes d'assainissement autonome…). A l'inverse, la croissance des niveaux de contamination témoigne d'une dégradation de la qualité dans le temps. La multiplicité des sources rend souvent complexe l'identification de l'origine de cette évolution. Elle peut être liée par exemple à l'évolution démographique qui rend inadéquats les ouvrages de traitement des eaux usées existants, ou des dysfonctionnements du réseau liés aux fortes pluviométries, aux variations saisonnières de la population (tourisme), à l'évolution des pratiques agricoles (élevage, épandage…) ou à la présence de la faune sauvage.

Surveillance en alerte

Le dispositif d'alerte est destiné à détecter et suivre les épisodes inhabituels de contamination, et comprend trois niveaux d'alerte :

Niveau

d'alerte

Descriptif

0

Risque de contamination (rejet polluant, évènement climatique,...)

1

Contamination supérieure au seuil de mise en alerte détectée dans le cadre de la surveillance régulière

2

Contamination persistante supérieure au seuil de mise en alerte, suite aux alertes de niveau 0 ou 1

Forte contamination détectée (>46 000 E.coli/100 g CLI [3] dans le cadre de la surveillance régulière

L’alerte est propre à une zone classée ; une zone étant classée pour un groupe de coquillages considéré.

Le déclenchement du dispositif d’alerte se traduit par

  • l’émission immédiate par l’Ifremer d’un bulletin d’alerte vers une liste définie de destinataires dont l’administration, afin qu'elle puisse prendre les mesures adaptées en terme de protection de la santé des consommateurs,
  •  la réalisation dans les 48 heures suivantes des prélèvements sur l’ensemble des points de suivi de la zone concernée, jusqu’à la levée de l’alerte qui intervient suite à deux séries consécutives de résultat inférieur au seuil d’alerte.

Le seuil microbiologique déclenchant une surveillance renforcée est défini pour chaque classe de qualité (classe A : >230 Escherichia coli /100 g de CLI ; classe B : >4 600 Escherichia coli /100 g de CLI ; classe C :> 46 000 Escherichia coli /100 g de CLI).

Estimation de la qualité microbiologique

L’estimation de la qualité microbiologique est exprimée par point et pour un groupe, suivant les seuils définis par le Règlement (CE) n°854/2004. La qualité est déterminée sur la base des résultats des 3 dernières années calendaires (au minimum 24 données sont nécessaires lorsque le suivi est mensuel ou adapté, ou 12 lorsque le suivi est bimestriel (tableau ci-dessous ou en format pdf : 

Si l’estimation de la qualité ne répond pas aux critères réglementaires pour les zones classées A, B ou C, la qualité est estimée très mauvaise dès qu’un résultat dépasse 46 000 E.coli/100 g CLI) et la zone ne peut être classée.

 Evaluation de la qualité des zones de production classées et surveillées

Une analyse de tendance est faite sur les données de surveillance régulière : le test non paramétrique de Mann-Kendall. Le test est appliqué aux séries présentant des données sur l’ensemble de la période de 10 ans. Le résultat de ce test est affiché dans un tableau récapitulatif de l’ensemble des points (tableau).

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(1) Règlement CE n° 854/2004[1] du 29 avril 2004, fixe les règles spécifiques d’organisation des contrôles officiels concernant les produits d’origine animale destinés à la consommation humaine.

(2) Arrêté du 6 novembre 2013 relatif au relatif au classement, à la surveillance et à la gestion sanitaire des zones de production et des zones de reparcage des coquillages vivants.

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[1] Norme NF V 08-106 - janvier 2002. Microbiologie des aliments - Dénombrement des E.coli présumés dans les coquillages vivants - Technique indirecte par impédancemétrie directe.

[2] Norme EN/ISO 16649-3.  Microbiologie de la chaîne alimentaire - Méthode horizontale pour le dénombrement des Escherichia coli beta-glucuronidase-positive - Partie 3 : Recherche et technique du nombre le plus probable utilisant le bromo-5-chloro-4-indolyl-3 beta-D-glucuronate

[3] Chair et Liquide Intervalvaire