Tourisme

Généralités

Bien avant les spots publicitaires, les écrivains tels Cambry, Coppée, Hugo, Châteaubriand et bien d'autres, mais aussi les peintres et tout particulièrement les impressionnistes de l'école de Pont-Aven ont popularisé le Finistère et le " pays des avens " pour la qualité de son environnement et sa richesse culturelle.
La pratique du voyage, longtemps réservée à une élite, céda progressivement la place à un tourisme de villégiature accessible aux classes moyennes, puis au 20ème siècle aux classes populaires. Cette aspiration au voyage a pu se concrétiser grâce à deux évolutions, l'une de nature technologique, l'autre de nature sociale. En effet, avec le développement du chemin de fer après 1850 et une politique tarifaire attractive, le rapprochement des grandes villes intérieures vers les espaces côtiers s'accélèrent et l'engouement pour les bains de mer naît au sein de la société. Dans le même temps, la conquête sociale du temps libre s'engage chez les travailleurs et trouvera son aboutissement en 1936 avec la loi sur les congés payés. Ces évènements allaient participer au déclenchement de la " ruée vers l'ouest " d'un tourisme balnéaire qui ne se dément pas de nos jours.

Le tourisme sur les communes du bassin versant constitue un pôle économique essentiel du territoire avec un chiffre d'affaires évalué à près de 14 millions d'euros. Pour apprécier l'impact de cette activité dans l'économie locale, on fera appel aux indicateurs fournis par l'INSEE, le Comité Départemental du Tourisme (CDT) et l'Observatoire Régional du Tourisme de Bretagne (ORTB). Quelques informations complémentaires, obtenues à l'échelle départementale sur les caractéristiques de la population touristique viendra abonder ce chapitre.

Capacités d'hébergement

Les capacités d'hébergement touristique sur les communes du bassin versant du Bélon s'élevaient en 2004 à 12205 lits touristiques (carte 1), chiffre associé à des disparités marquées de l'Armor vers l'Argoat qui souligne le fort pouvoir attractif du littoral, lieu d'intenses convoitises. On notera ainsi que 82.3 % de ces capacités d'hébergement se concentrent sur les communes littorales de Riec sur Bélon et Moëlan sur mer, cette dernière entité communale recensant à elle seule 58.3 % des lits touristiques.

La part de l'hébergement non marchand (résidences secondaires) dans cette évaluation représente 73 % de l'ensemble de l'offre d'hébergement , chiffre supérieur à celui du département (63 %). Les résidences secondaires constituent une composante importante de l'immobilier en Bretagne et tout particulièrement des communes littorales. Avec 7.6 résidences secondaires au km2 (carte 2), le territoire du bassin versant du bélon est tout à fait comparable aux valeurs départementales (8.1) et régionales (7.3), mais bien  supérieur au chiffre du territoire national (5.3).

Ces valeurs méritent toutefois d'être examinées plus finement pour s'apercevoir que certaines communes littorales bretonnes atteignent jusqu'à 100 résidences secondaires/km2 et des proportions de résidences secondaires dépassant 75 % de l'ensemble des logements. Sur le territoire étudié, si les chiffres n'atteignent pas cette ampleur, la commune de Moëlan sur mer se démarque nettement des communes limitrophes avec 23 résidences secondaires au km2 et une proportion de ces résidences estimée à 16.4 % en 1999.

Ce développement résidentiel et l'afflux de population occasionnelle ne va pas sans poser quelques inconvénients :

  • Un développement coûteux sur le plan environnemental (assainissement, électricité, eau potable).
  • Le risque d'exacerber les conflits entre ces populations résidentielles et les acteurs locaux de la vie économique.
  • Une consommation d'espaces importante.
  • Au regard du prix du foncier sur les communes littorales, le risque est grand d'accentuer les inégalités et la mixité sociale, les familles les plus modestes migrant vers l'intérieur des terres.

Origines de la population touristique et attractivité du Finistère

Le tourisme en Finistère est caractérisé par une forte saisonnalité. En effet, sur les 30.4 millions de nuitées enregistrées en 2004, 59 % d'entre elles sont concentrées sur les mois de juillet et août. D'autre part, on observe des fluctuations inter-annuelles marquées qui trouvent leur origine dans des causes structurelles (concurrence des offres) mais également conjoncturelle (pollution de l'Erika, météorologie,…).

La population touristique d'origine française représente 80 % de la clientèle finistérienne et les principales régions concernées, exprimées en nombre de nuitées, sont l'Ile de France, La Bretagne, les Pays de Loire et Rhône-Alpes (carte 3).

Parmi la clientèle étrangère (carte 4), essentiellement européenne ( 95 %), les britanniques représentent le plus fort potentiel avec plus de 40 % des nuitées, loin devant les allemands qui n'en consomment que 27 %.

En matière d'attractivité, l'enquête CORDON de 1997 (IPSOS Régions Tourisme) montre que le Finistère est plébiscité prioritairement pour son patrimoine naturel et ses espaces maritimes sans oublier son patrimoine culturel (figure 1). Dans ce contexte, la promenade et les activités associées au littoral (baignade, pêche à pied, …) sont les activités de loisirs les plus prisées par la clientèle.

Facteurs d’attractivités

1ère citation

Patrimoine naturel

29

Espace maritime (activités liées)

26

Culture et traditions

9

Attaches régionales

6

Patrimoine architectural

6

Climat

6

Gastronomie

3

Moins de touristes

2

Proximité

2

Animations

1

Prix attractifs

1

Découverte de la région

1

Facteurs d'attractivité du Finistère (première citation des personnes interrogées, en % de réponses).

Un espace côtier préservé, d'une richesse paysagère et naturelle appréciée, une gastronomie recherchée et une identité culturelle affirmée contribuent à l'attrait touristique du littoral du pays des Avens où de multiples activités liées au milieu maritime peuvent se pratiquer. Sur la ria du Bélon, la pêche de loisirs occupe une place de première importance puisque près de 450 adeptes de la pêche à pied ont été recensés le 20 août 2005 au cours d'une marée de vives eaux. En prenant comme base de référence un poids moyen individuel de 4 kg, on peut ainsi estimer à près de 2 tonnes le prélèvement de coquillages effectué sur le stock de coques par cette population. Par ailleurs, afin de mieux faire connaître le territoire et ses activités, un tourisme économique s'est développé récemment (ostréiculture,….) pour rapprocher le producteur du consommateur.

Bibliographie

Datar - 2004 : Construire ensemble un développement équilibré du littoral - La documentation française, 156 p.

N. Richard et Y. Pallier - 1996 : Cent ans de tourisme en Bretagne - Editions Apogée, 159 p.

D. Clary - 1993 : Le tourisme dans l'espace français - Editions Masson géographie, 358 p.

Sites web

http://www.finisteretourisme.com

http://perso.wanadoo.fr/o.r.t.bretagne/

Insee