Plaisance

Informations générales

Le Finistère, premier département de France pour la pratique des activités nautiques, offre une capacité d'accueil de navires de plaisance de plus de 20000 places en considérant l'ensemble des capacités disponibles, qu'il s'agisse des ports ou des mouillages.
Depuis les lois de décentralisation de 1983, les communes sont devenues compétentes pour créer, aménager et exploiter les ports maritimes affectés à la plaisance. Sur la ria du Bélon, comme sur l'ensemble de l'espace côtier national, les navires sont accueillis (carte) :

Dans un port de plaisance, communal sur l'estuaire, dont les installations nécessitent des infrastructures, une organisation et un encadrement.

Sur des zones de mouillages organisées, régies par la loi littoral du 3 janvier 1986 et gérés soit par la Direction Départementale de l'Equipement soit par le Syndicat Intercommunal. Ces installations permettent de donner satisfaction aux usagers de plus en plus nombreux tout en évitant de porter atteinte au littoral de manière irréversible par la création d'infrastructure lourde.
Sur des zones de mouillages individuelles qui font l'objet d'une Autorisation d'Occupation Temporaire (AOT) du domaine public maritime.

Le port intercommunal du Bélon est géré par un Syndicat Intercommunal à Vocation Unique (SIVU) qui a pour objet d'assurer la continuité du service public (entretien, surveillance, respect du cahier des charges,…). En contrepartie, le gestionnaire perçoit des redevances pour l'amortissement des investissements engagés et les prestations fournies.
Un conseil portuaire regroupant l'ensemble des usagers du port (figure) se réunit 1 à 2 fois par an et fournit des avis à titre consultatif sur l'ensemble des domaines intéressant la vie portuaire.

La ria du Bélon comptabilise 391 emplacements répartis en 356 mouillages permanents et 35 emplacements temporaires pour les navires de passage évalués annuellement à plus de 650 (figure). L'attrait viscéral des bretons pour la mer, La démocratisation de cette activité et l'augmentation des temps de loisirs expliquent l'essor de ce secteur d'activité et parallèlement l'allongement des files d'attente dans les ports, file qui sur le Bélon s'élève à environ 250 demandes. Toutefois, en raison de l'importance de l'activité conchylicole et des concessions accordées aux professionnels d'une part et aux limitations imposées par la loi " littoral " d'autre part, toute opération d'extension du port semble pour l'heure exclue.

Impacts de la plaisance

Ces activités nautiques peuvent occasionner des impacts non négligeables sur le milieu, de nature directe ou indirecte. On citera par exemple :

  • L'arrachage des herbiers par les ancres.
  • L'envasement favorisé par la multiplication des navires et des systèmes d'ancrage.
  • L'évacuation des déchets (macrodéchets, eaux noires, huile usagée,…).
  • L'utilisation des peintures antifouling pour l'entretien des coques de navires. 

Initialement composées de trybutylétain, ces peintures ont entraîné un certain nombre de dysfonctionnement chez la faune marine. Ainsi, on a observé des modifications significatives de la sexualité chez les gastéropodes marins se traduisant par l'imposition du caractère sexuel mâle chez la femelle appelée imposex. Par ailleurs des anomalies de calcification de la coquille chez les huîtres ont été remarquées, préjudiciables à la qualité de ce mollusque. Face à la toxicité de ces composés, ceux-ci ont fait l'objet d'une interdiction d'utilisation sur les navires de moins de 25 mètres à partir de 1982 et ont été substitués par des sels de cuivre et de zinc.

D'une manière générale une tendance se dessine en faveur d'une démarche environnementale dans les ports de plaisance et tout particulièrement dans les plus richement dotés, poussée par la demande de la clientèle et la mise en place de directives européennes (directive 2000/59 sur les installations portuaires et directive cadre sur l'eau 2000/60). Dans ce contexte, on peut évoquer la création en 1976 de la commission RAMOGE  (St Raphaël, Monaco, Gênes) entre les autorités françaises, monégasques et italiennes, créée pour initier une politique de sauvegarde des milieux naturels et de leurs ressources. Cette commission a édicté en 2001 un guide relatif au management environnemental des ports de plaisance du littoral méditerranéen qui a pour vocation de fournir les éléments pratiques et opérationnels aux gestionnaires et exploitants afin d' intégrer  l'environnement dans les activités portuaires, s'inscrivant ainsi dans une démarche de développement durable de la zone côtière.

Bibliographie

Conseil Général 29 - 2005 : Les ports de plaisance, escale en Finistère - Finistère penn ar bed, le magazine du Conseil Général du Finistère n°93, p 7 - 11.

JL. Mauvais - 1991 : Les ports de plaisance, impacts sur le littoral - Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la mer, 165 p.

P. Michel et O. Norotte - 1988 : L'étude d'impact des ports de plaisance - Secrétariat d'Etat chargé de l'environnement, 112 p.

Sites web

Bretagne Environnement

Pavillon bleu

Accord Ramoge