Démarrage des tests

Premiers tests sur les tortues de la plateforme expérimentale : 

Les tests de la nouvelle version 3 de la balise ont débuté au mois de février avec les premiers marquages de quatre tortues de la plateforme expérimentale de Kélonia. Ces tortues ont été marquées successivement avec quelques semaines de décalage afin de pouvoir prendre en compte les résultats de chacun des tests pour les tests suivants et d’apporter les réglages nécessaires au bon fonctionnement des algorithmes.

Un drone a également été utilisé lors de ces tests afin de suivre et de filmer les déplacements des tortues depuis les airs. Ces données aériennes sont ensuite comparées aux déplacements réellement enregistrés par les balises des tortues dans le bassin.  Le comportement de chacune des tortues marquées a aussi été suivi sous l’eau et une reconstruction 3D de la trajectoire des tortues en plongée est en cours d’élaboration sur la base de ces premiers tests.

Ces premiers tests reprendront une fois le confinement levé mais ils ont déjà permis d’une part de valider le principe de fonctionnement global des nouveaux algorithmes, à savoir le positionnement GPS régulier lorsque la tortue remonte en surface et la réception des messages LoRa envoyés par la balise en surface et d’autre part d’identifier et de procéder à quelques réglages comme par exemple aux calculs des seuils de détection en surface.

En parallèle, les nouveaux boitiers de réception reçus en janvier ont pu être testés et fonctionnent parfaitement. Ci-dessous une photo d’une partie des équipements (trépied, mât, boitier, batterie, panneau solaire, antenne) qui composeront les stations de réception sur certains sites d’études.

 

Mise à jour du design de la balise :

Les tests réalisés sur les capteurs de surface ont confirmé la nécessité de renforcer la protection des électrodes du capteur de surface et la base de l’antenne LoRa afin de mieux les protéger en cas de frottements de la tortue sur un obstacle et ainsi de garantir la détection de surface essentielle à l’activation du GPS et la transmission des messages. Pour cela le design mécanique de la balise a été retravaillé. Des encoches ont été ajoutées permettant ainsi une meilleure protection des électrodes et les pentes du design autour des électrodes ont été augmentées pour permettre un meilleur écoulement de l’eau à la surface de la balise.

Une fois la tortue à l’air libre, les capteurs doivent pouvoir détecter que la balise est elle aussi en surface afin de déclencher la transmission des  données  vers les boitiers de réception. Cette détection n’est possible que si le courant circulant entre les capteurs, situés à la surface de la balise, est interrompu.

Un nouvel élément a également été apporté aux balises : un squelette interne. Ce squelette imprimé en 3D facilite le placement des composants électroniques à l’intérieur de la balise avant l’opération de « résinage » de la balise.

 

Tests de la planche autonome USV:

La planche autonome USV (Unmanned Surface Vehicle) mise au point par l’IFREMER et la société IDOCEAN a été testée en mer, à Saint-Leu au mois de février. La navigation autonome en milieu ouvert, soumis aux vagues et au courant ainsi que le sondeur mono-faisceau ont été testés. Les résultats de ces premiers tests se sont montrés concluant et la bathymétrie de la zone prospectée a pu être réalisée. Ces données bathymétriques permettront dans le futur d’améliorer les algorithmes de géolocalisation en couplant les informations sur les profondeurs de déplacements des tortues et celles de la bathymétrie. La caméra sous-marine placée sous la planche a également parfaitement fonctionnée.

L’IFREMER et IDOCEAN poursuivent leur collaboration afin d’apporter de nouvelles améliorations à cette planche autonome USV.

 

 

 

Visite du LIRMM à La Réunion :

Au début du mois de mars, deux chercheurs du Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier (LIRMM), partenaire du projet IOT et avec lequel l’Ifremer collabore depuis de nombreuses années sur plusieurs projets impliquant des développements électroniques pour l’instrumentation marine, se sont rendu dans les locaux de la délégation océan Indien de l’Ifremer à La Réunion. Ce déplacement a ainsi permis aux équipes des deux organismes d’échanger sur les avancées du projet, notamment sur les développements électroniques et informatiques réalisés pour les balises et les stations de réception et de participer au dernier test de marquage à Kélonia avant la mise en place du confinement.

 

 

Poursuite du travail pendant le confinement

 

Identification de la typologie des habitats marins :

L’un des trois objectifs technologiques et scientifiques du projet IOT est d’identifier les types d’habitats (herbiers, coralliens, sableux, …) sur les différents sites d’étude à l’aide d’imageries aériennes et satellitaires à haute résolution, puis de les superposer aux positions des tortues, obtenues par les balises.

Cette identification repose sur des développements algorithmiques, travail qui sera réalisé par Pascal Mouquet sur les différents sites d’étude du projet (La Réunion, Mayotte, Europa et les Seychelles). Les données hyperspectrales collectées dans les différents sites français en 2009 et 2010 seront utilisées afin de classifier les habitats (herbiers, coraux, sables, …) et de déterminer des zones favorables aux tortues en développant des indicateurs pertinents (type rugosité). Sur tous les sites, les données des images satellites seront utilisées pour pouvoir déterminer ces habitats à de larges échelles spatiales.

Documentation technique :

Cette période de confinement a permis à l’équipe d’avancer sur la rédaction de plusieurs documents techniques et notamment sur la documentation du fonctionnement des équipements pour les futurs utilisateurs (architecture de la future base de données, accès aux serveurs, codes informatiques, etc.).

Durant cet intervalle qui suspend temporairement les tests des équipements, les résultats des précédents tests sont analysés et traduits dans des notes ou rapports techniques par l’équipe.

Démarches administratives :

L’Ifremer poursuit les nombreuses démarches administratives et techniques afin de permettre le déploiement final des balises et des stations de réception sur les différents sites d’études programmé en 2020 et 2021.

Les échanges avec les partenaires sur la planification des missions se poursuivent tout en adaptant le calendrier prévisionnel à la situation actuelle. Les différentes demandes d’autorisations réglementaires encadrant le projet sont adressées aux instances publiques concernées pour chacun des territoires du projet.  De nombreuses commandes de matériel électronique et mécanique pour les balises et les infrastructures terrestres sont passées afin que tout le matériel nécessaire soit livré avant le début des tests en milieu naturel puis pour les déploiements sur les sites d’études. Cette période a également permis la finalisation du rapport d’avancement annuel 2019 du projet.