Navigation au fond
Le pilote lance les moteurs.
Il faut poursuivre la reconnaissance entamée lors de la plongée de la veille. Or il est difficile de se localiser visuellement (hublots réduits, portée limitée des projecteurs, eau parfois turbide). Il faut donc s'orienter à l'aide du champ de balises préalablement positionnées (voir schéma), et de nos cartes bathymétriques.
Le copilote annonce "Cap 55 degrés Nord pendant 120 mètres".
Voilà, on y est ! Exactement là où le Nautile a abandonné la plongée la veille : un marqueur (plaque de plastique) en témoigne.
Les 3 occupants sont bien occupés :
Hélène, le nez collé à son hublot (15 cm de diamètre), commente dans un magnétophone les observations géologiques du fond. Elle déclenche flash et appareil photo dès qu'elle aperçoit un sujet d'intérêt. | |
Jean Paul, le pilote, effectue le trajet programmé avant la mise à l'eau. Mais il doit aussi répondre aux demandes de détours et arrêts d'Hélène. | |
De son coté, Guy, copilote, est responsable de la localisation permanente du submersible. En outre, il surveille l'état des équipements du submersible (moteurs, énergie, ...) et des équipements scientifiques (vidéos, photos, capteurs, ...). En permanence, deux caméras télévision couleur enregistrent le paysage. Tout le trajet (cap, altitude, ...) et toutes les mesures des capteurs sont également enregistrés. | |
Toutes les demi-heures, nous donnons des nouvelles sur l’état des opérations en cours. Ces informations sont importantes pour toute l’équipe restée en surface. Elles servent à organiser le travail du soir sur les échantillons remontées, à planifier la plongée du lendemain, à satisfaire l'insatiable curiosité des scientifiques, surtout de ceux qui attendent leur tour pour plonger.
Soudain une grosse masse rose palpite, ondule, se contorsionne devant les hublots : un merveilleux poulpe à oreilles qui semble prendre la pose devant les caméras du Nautile.
Un peu plus loin, Hélène aperçoit des encroûtements qui semblent très organisés. Etrange et trop régulier ... Moment d'émotion : à la lueur des projecteurs, un squelette de baleine ! L’animal devait mesurer plus d’une dizaine de mètres. A quelle espèce appartenait-il ? De quoi est-il mort ? A quel âge ? Il faudra montrer la vidéo à des spécialistes.
Mais Hélène ne se laisse pas distraire : elle essaye de rester attentive à la moindre trace de manifestation hydrothermale. Justement, des sédiments très colorés (brun, orange) et une concentration anormale de galathées la mettent en alerte. Ces derniers, très visibles avec leur carapace d'un blanc pur, sont des crustacés charognards.
Brusquement les particules en suspension dans l'eau augmentent. On s'approche d'une corniche dominant un abrupt profond. En y descendant, le Nautile pénètre dans un épais panache noir. Et le sonar panoramique détecte à 20 mètres une série d'échos groupés.