Phytoplancton et phycotoxines

Le phytoplancton est constitué de l’ensemble des algues microscopiques unicellulaires qui flottent dans les eaux. Il existe plusieurs milliers d’espèces phytoplanctoniques au niveau mondial.

Certaines d'entre elles peuvent proliférer de façon importante en formant éventuellement des eaux rouges, brunes ou vertes, selon la couleur des pigments qu’elles contiennent. Si les proliférations, ou efflorescences, sont excessives ou trop fréquentes, on parle d’eutrophisation, provoqué par l’enrichissement du milieu en éléments nutritifs, essentiellement le phosphore et l’azote qui constituent un véritable engrais pour les plantes aquatiques. Ces efflorescences peuvent être sources de nuisances : en diminuant l’oxygène disponible elles peuvent provoquer l’asphyxie des animaux marins, elles peuvent également conduire à une diversité animale et végétale amoindrie et à des usages perturbés.

La plupart des espèces phytoplanctoniques sont totalement inoffensives, et l’ensemble du phytoplancton forme le premier maillon de la chaîne alimentaire dans l'écosystème marin. Pour toutes ces raisons, le phytoplancton est un indicateur crucial de la biodiversité en milieu marin, il permet également d’évaluer la qualité du milieu en termes de potentialités pour l’ensemble de l’écosystème.

Les phycotoxines (ou toxines d’algues) sont des toxines produites par quelques espèces phytoplanctoniques. Elles peuvent être toxiques pour la faune ou la flore marine (on parle d’ichtyotoxines quand elles conduisent à des mortalités de poissons), ou bien pour les consommateurs de produits de la mer. Dans ce dernier cas, il s’agit le plus souvent d’une accumulation dans les coquillages, de toxines produites par le phytoplancton dont se nourrissent les coquillages.

Le phytoplancton

La surveillance du phytoplancton et des phycotoxines

la surveillance respective du phytoplancton et des phycotoxines est assurée en deux réseaux distincts pour séparer les deux composantes environnementale et sanitaire :

  • le REPHY (Réseau d’Observation et de Surveillance du Phytoplancton et de l’Hydrologie dans les eaux littorales) pour la composante environnementale;
  • le REPHYTOX (Réseau de surveillance des phycotoxines dans les organismes marins) pour la composante sanitaire.

Bien que distincts, les deux réseaux REPHY et REPHYTOX restent étroitement associés, puisque la surveillance du phytoplancton toxique, toujours assurée par le REPHY, est utilisée pour le déclenchement d’analyses de toxines dans le REPHYTOX, et pour une meilleure compréhension des épisodes de contamination des organismes marins.

Le REPHY, REseau d'observation et de surveillance du PHYtoplancton et de l’hydrologie dans les eaux littorales.

Le REPHY contribue à la connaissance de l’impact des évolutions climatiques sur la biodiversité marine et participe à la surveillance de l’état écologique du milieu marin pour la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) et la Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin (DCSMM). Il s’agit du principal observatoire français du phytoplancton marin.

L’objectif principal du REPHY est la connaissance de la biomasse, de l’abondance et de la composition du phytoplancton marin des eaux côtières et lagunaires, ainsi que du contexte hydrologique afférent. Cette connaissance recouvre notamment celle de la distribution spatio-temporelle des différentes espèces phytoplanctoniques et de leur évolution, et le recensement des efflorescences exceptionnelles. L’acquisition simultanée de paramètres hydrologiques et physico-chimiques permet d’avoir les éléments pour comprendre l’activité biologique d’un écosystème côtier.

REPHYTOX, REseau de surveillance des PHYcoTOXines dans les organismes marins.

L'objectif du réseau REPHYTOX est la recherche et le suivi des toxines réglementées susceptibles de s’accumuler dans les produits marins de consommation, en particulier les mollusques bivalves. Les toxines réglementées au niveau européen appartiennent à trois familles :

  • les toxines lipophiles incluant les toxines diarrhéiques (DSP), produites en France notamment par le phytoplancton Dinophysis. Elles peuvent entraîner chez le consommateur des troubles digestifs d’apparition rapide, sans gravité le plus souvent
  • les toxines paralysantes (PSP) produites en France par le phytoplancton Alexandrium. Elles peuvent entraîner chez le consommateur des troubles neurologiques d’apparition rapide, potentiellement graves, parfois mortelles
  • les toxines amnésiantes (ASP), produites en France par le phytoplancton Pseudo-nitzschia. Elles peuvent entraîner chez le consommateur des troubles neurologiques d’apparition généralement rapide, potentiellement graves, parfois mortelles

C’est dans le cadre de cette seule composante REPHYTOX que l’Ifremer a confié une partie de ses activités récursives (prélèvements, analyses) à d’autres partenaires (Directions Départementales Interministérielles, Laboratoires d’Analyses Départementaux) en se positionnant comme assistant à la maitrise d’ouvrage.