Impact des Grands Aménagements

La surveillance écologique des Centres Nucléaires de Production d’Électricité (CNPE) a été mise en place dès les années 80. Elle avait pour objectif initial de suivre l’impact des rejets de ces grands aménagements en bord de mer sur le proche environnement.

Leur mise en service progressive a concerné au total cinq CNPE :

  • Gravelines situé dans le département du Nord
  • Penly et Paluel en Seine Maritime
  • Flamanville dans la Manche
  • Le Blayais en Gironde.

Financé par EDF, cette surveillance réglementaire couvre trois compartiments :

  1. Pélagos : le suivi porte sur les paramètres physico-chimiques (température, salinité, turbidité, matière en suspension, oxygène dissous, sels nutritifs), le phytoplancton (variations spatio-temporelles, succession d’espèces, biomasse chlorophyllienne, teneur en chlorophylle active), le zooplancton (variation spatio-temporelles, succession des espèces, biomasse, carbone et azote organique, avec un focus sur Eurytemora affinis en Gironde) la microbiologie (vibrions halophiles, germe totaux, germes revivifiables) et la chimie dans le but de tracer la présence éventuelle dans le milieu marin de composés issus de traitement utilisé pour limiter les salissures des systèmes de refroidissement (selon les CNPE : chlore résiduel, bore, trihalométhanes (ou haloformes), bromophénols, Amines ou détergents).
  2. Benthos : la macrofaune intertidale (dont idotés et cirripèdes) et subtidale (dont Abra alba) ainsi que les macroalgues intertidales (Fucus vesiculosus, F. serratus)
  3. Halieutique : l’ichtyoplancton, les larves de crustacés (araignée, homards) et poissons (sole, plie, limande, sprat, sardine), les populations de crustacés (crevette grise) et certaines activités de pêche (crevettes grise, étrille) constituent le volet halieutique.

Après plusieurs décennies de surveillance stricte, l’objectif a progressivement évolué. S'appuyant sur un suivi de l'ensemble des compartiments marins en différents points, ce programme de surveillance relève aujourd’hui du domaine de l’observation à moyen et long termes. Il s'inscrit dans une perspective plus évolutive visant à se doter de moyens permettant, d'une part, d'identifier un éventuel changement du milieu et, d'autre part, d'évaluer si ce changement peut être imputable au fonctionnement du CNPE.

Bien que les suivis mis en œuvre sur chaque CNPE se distinguent par des particularités propres, trois types de stratégies sont déclinés en fonction de la nature de la centrale. Ainsi à Penly, Paluel et Flamanville, l’échantillonnage pélagique repose sur trois campagnes par an (printemps, été, automne) opérées sur trois à quatre points (amené, rejet, référence, contrôle), une à trois campagnes pour le domaine benthique (minimum une campagne toutes les six ans à Penly) et une à six campagnes pour l’halieutique en fonction des espèces ciblées. A Gravelines, la fréquence devient hebdomadaire pour la température, la salinité, le phytoplancton, les vibrions halophiles au canal d’amenée et canal de rejet. Enfin, la stratégie mise en œuvre en Gironde (Le Blayais) repose sur au moins huit campagnes par an sur trois stations échantillonnées à basse mer, pleine mer, jusant et flux de mortes eaux.