Restauration écologique dans les grands fonds : résultats d’une expérience de perturbation au sein du champ hydrothermal Lucky Strike

Résumé du projet

Nos connaissances de la dynamique naturelle des écosystèmes hydrothermaux sont encore parcellaires et limitent grandement notre capacité à prédire la résilience de ces écosystèmes face à des perturbations naturelles (géologiques) ou anthropiques (extraction minière). Or, dans un contexte où les ressources minérales sous-marines, et particulièrement celles liées aux dépôts massifs de sulfures polymétalliques, sont de plus en plus convoitées, il est impératif de multiplier nos efforts pour comprendre la dynamique naturelle des communautés associées aux sources hydrothermales. Ce projet expérimental innovant est basé sur une expérimentation in situ qui durera deux ans (2017-2019). Ses objectifs sont (1) d’évaluer la capacité et le taux de régénération naturelle des communautés hydrothermales suite à une perturbation majeure, (2) d’estimer le rôle des grands prédateurs sur la recolonisation de la faune, (3) d’appréhender le rôle des zones périphériques inactives dans la recolonisation les zones actives, et (4) de développer des indicateurs de perturbation et de l’état écologique de l’écosystème en focalisant sur certains traits fonctionnels (stades de reproduction, complexité du réseau trophique) au cours des étapes de la succession. A notre connaissance, il s’agit ici d’une première expérimentation du genre en milieu hydrothermal profond. L’expérimentation sera développée et conduite au cours des campagnes pluriannuelles Momarsat sur la dorsale médio-Atlantique (2017-2019). Les résultats permettront de caractériser la recolonisation naturelle de la faune après une perturbation et d’évaluer la résilience des communautés hydrothermales en environnement marin profond. Ces connaissances fondamentales pourront servir à l’élaboration de protocoles de gestion et de suivi des impacts potentiels de l’exploitation sur la faune hydrothermale et éventuellement, de suggérer des méthodes de restauration active de ces écosystèmes.

Directrice de thèse : Jozée Sarrazin - LEP ; co-Directrice : Marjolaine Matabos - LEP