Un rapport édité par l’Ifremer et le Conseil National de la Mer et des Littoraux dédié aux sciences et techniques de la mer

Faute de données facilement accessibles, le paysage de la recherche publique française dans le domaine des sciences et techniques de la mer restait flou. A la demande du Conseil National de la Mer et des Littoraux, le COMER (Comité spécialisé pour la recherche marine, maritime et littorale) et l’Ifremer se sont lancés dans un travail d’inventaire pour établir une cartographie  plus précise du secteur grâce à l’expérimentation d’une nouvelle méthodologie. Les résultats de cette étude -qui a bénéficié du soutien financier du Ministère de la Transition écologique- viennent d’être publiés dans un rapport. Ils révèlent que 7000 scientifiques publics consacrent leur matière grise à la recherche en sciences marines, un chiffre en hausse par rapport aux évaluations traditionnelles.

Plus de 4 % de la recherche publique française mobilisée pour l’océan

Effectifs, répartition géographique, grands secteurs de recherche : l’univers de la recherche publique  en  sciences et techniques de la mer se dessine avec plus de clarté dans le rapport  signé conjointement par l’Ifremer et le CNML.

Ses conclusions mettent notamment en évidence un poids des sciences et techniques de la mer dans la recherche publique supérieur à ce que les traditionnelles estimations laissaient supposer. Avec près de 7000 ETP (contre 3500 estimés jusqu’à présent), les sciences et techniques de la mer représentent 4,2 % de l’effort public de recherche en France. En termes de répartition géographique, la moitié de l’effectif s’ancre sur la façade Atlantique tandis que la Méditerranée concentre le quart des forces vives du secteur, et que le reste des compétences est partagé entre le littoral de la Manche-Mer du Nord, les régions parisienne et toulousaine et les Outre-mer. Quant à la nature des thèmes de recherche investigués : l’environnement tient la corde — dans sa dimension côtière essentiellement — suivi en bonne place par la recherche fondamentale et les applications aux industries de la mer.

Nouvelle méthodologie

L’originalité de cette étude est de reposer sur une nouvelle méthodologie de calcul qui complète les données du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) et celles du Haut Conseil à l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres), par une enquête spécifique. Le champ d’investigation a concerné les recherches menées sur toutes les facettes des milieux marins et l’ensemble des activités maritimes, dont des domaines non répertoriés jusqu’à présent comme les sciences humaines et sociales maritimes. Sont recensés également les établissements dont l’ADN n’est pas exclusivement maritime mais qui y consacrent une part de leurs recherches.

Autre point fort : cette base de données, accessible à tous via le portail d’information géographique de l’Ifremer Sextant, sera actualisée tous les deux ans et enrichie régulièrement par de nouvelles cartographies.

Un état des lieux stratégique

« Il est stratégique de disposer d’un état des lieux aussi exhaustif que possible des forces consacrées aux sciences et technologies de la mer, rappellent François Houllier, Président Directeur Général de l’Ifremer et Françoise Gaill, Présidente du Comer, afin d’éclairer et de soutenir — par la recherche, l’expertise et l’innovation — la politique impulsée par le nouveau ministère de la Mer, de positionner la France dans la mission européenne « Santé des océans, des mers et des eaux côtières et intérieures » ou de contribuer à la décennie des Nations-Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable ».

Ce rapport met en lumière les potentialités offertes par la recherche publique au service de l’ambition maritime de la France, pour œuvrer au développement de l’économie bleue comme à la prise de conscience du rôle de l’océan dans le fonctionnement du « système  terre » alors que nombreux sont les enjeux environnementaux qui pèsent  aujourd’hui sur l’océan.