L’Ifremer à bord du Congrès mondial de la Nature

Plus grand rassemblement international consacré à la conservation de la biodiversité, le Congrès mondial de la nature (UICN) fait escale à Marseille, au Parc Chanot, du 4 au 11 septembre 2021. Institut spécialisé en sciences marines, l’Ifremer fait flotter l’étendard de la recherche en biodiversité marine au cœur de l’événement. Ses chercheurs iront à la rencontre du public au sein de l’espace Générations Nature et apporteront leur contribution aux débats du Forum. Carnet de bord détaillé.

Petit rappel sur le rôle de l’UICN

L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) est la plus grande et la plus ancienne des organisations environnementales au monde. Sa gouvernance mêlant organisations gouvernementales et issues de la société civile fait son originalité. S’y donnent rendez-vous le monde scientifique, les structures publiques, les collectivités territoriales, les ONG, les peuples autochtones, les entreprises… Son but est d’accélérer les efforts de conservation de la biodiversité et la transition vers le développement durable. Point d’orgue dans la vie de l’organisation, le Congrès mondial qui réunit tous les 4 ans tous les acteurs engagés pour la préservation de la biodiversité à l’échelle de la planète. L’objectif : identifier les questions urgentes ou émergentes en matière de conservation et définir les priorités d’actions à inscrire à l’agenda mondial pour une biodiversité mieux préservée. C’est la France qui aura l’honneur d’accueillir les congressistes cette année.

Pourquoi l’Ifremer s’implique ?

Institut de référence au niveau international dans le domaine des sciences océaniques, l’Ifremer est présent sur toutes les façades maritimes hexagonales et dans les territoires d’Outre-mer, soit une implantation dans les trois grands océans du monde au cœur de la zone économique française, la deuxième au monde en terme de surface et havre de 10 % de la biodiversité du globe. Cette diversité géographique offre un terrain d’études incomparable aux scientifiques de l’Ifremer d’autant que leur spectre de compétences s’attache à toutes les formes et tous les habitats de la faune et de la flore marine : des abysses, à la colonne d’eau en passant par l’estran.

Une dizaine de scientifiques sur le pont

Représentatifs de ce large éventail d’investigations, une dizaine de scientifiques de l’Ifremer seront sur le pont pour présenter leurs recherches dont la vocation est d’améliorer la connaissance sur la biodiversité marine, d’apporter une expertise sur son état de santé et de développer des solutions pour en favoriser la conservation. Par exemple, les chercheurs expliqueront leur récentes découvertes sur le cycle de vie du coelacanthe, un poisson qui peut vivre 100 ans mais s’avère vulnérable en raison de sa maturité tardive. Sous les feux des projecteurs également : le développement de balises innovantes pour le suivi des tortues marines, l’installation d’un observatoire sur les coraux d’eau froide unique dans le Golfe de Gascogne, le rôle prépondérant joué par les espèces ingénieures comme les hermelles, ces vers marins dont les récifs constituent un refuge pour de nombreux organismes marins mais encore la biodiversité marine profonde, la gestion des usages côtiers, la recherche sur les micro-algues ou les nouvelles techniques de télé-présence pour observer sans déranger…

Comment s’ancrera la contribution de l’Ifremer au Congrès ?

Les scientifiques de l’Ifremer contribueront à l’animation de deux dispositifs proposés dans le cadre du Congrès mondial de la nature : l’espace Générations Nature et le Forum. Le premier est un espace ouvert au grand public où sont présentées de manière ludique de nombreuses initiatives en faveur de la biodiversité. L’objectif est que dans un cercle vertueux le citoyen sensibilisé à cette question devienne à son tour un acteur engagé pour la préservation de la biodiversité. Quant au Forum, c’est le lieu privilégié du débat public où les participants peuvent faire entendre leurs voix pour discuter et développer des solutions innovantes et évolutives aux problèmes mondiaux les plus pressants en matière de protection de la nature et de développement durable.

L’espace Générations Nature

Artistique, pédagogique, ludique : les scientifiques explorent toutes les voies pour rendre la science plus ouverte et accessible à la société :

  • Spectacle SPLUJ : Art et sciences fusionnent dans les abysses

Une immersion théâtrale dans les grands fonds marins. Fruit d'une expérience inédite entre Teatr Piba et l'Ifremer, le spectacle Spluj convie le public à une aventure théâtrale radiophonique et sensorielle singulière livrant le récit d'une exploration dans les grands fonds océaniques. Les spectateurs seront placés au centre d’un dispositif immersif et prendront part à un voyage d'une vingtaine de minutes, entre plongées dans les abysses, vie à bord et découverte de la biodiversité. Échanges avec les artistes et scientifiques à l’issue du spectacle.

La pièce est programmée du samedi 4 au mardi 7 septembre. Espace intérieur.

  • Dôme de la Biodiversité : rencontres avec une science incarnée

En partenariat avec le CNES, l'IRD, le MNHN, INRAE et le CNL. Sous cette demi-sphère géante, le public s'immergera dans la problématique de conservation de la biodiversité. Dans cet espace modulable, la programmation alternera entre projections de films, rencontres et ateliers avec des scientifiques. Lieu de partage, d'échanges et de découvertes, il accueillera scolaires, familles, décideurs ou encore congressistes.

Cet espace est programmé du 4 au 11 septembre (journée dédiée à l'Ifremer le mardi 7 septembre + week-end 4 & 5 septembre). Espace extérieur.

  • Le parcours numérique Mission Océan

Avec la réalisation d'un stand autour de modules pédagogiques scolaires conçus autour de l'exploration océanographique et centrés sur la réalité virtuelle et la 3D. Ce projet innovant est réalisé en partenariat avec La Fondation Dassault Systèmes, le Ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, l'Onisep et le Réseau Canopé.

Les modules présentés sur le stand :
Bio-mimétique : s'inspirer du vivant pour innover durablement (produire de l'énergie - protéger les zones littorales - se déplacer comme un poisson)
Archéologie des abysses : activités de mathématiques « se repérer dans l'espace » avec pour support l'archéologie sous-marine. Découverte d'une épave du 17ème siècle ;
Télé-opération en grande profondeur : Activité de pilotage et de prélèvement dans un caisson d'exploration à l'aide d'un bras manipulateur miniature
Présentation en avant-première du livret numérique « Pass'Océan » de Mission Océan.

Cet espace est programmé du samedi 4 au mercredi 8 septembre, dans l'espace intérieur « Innovation et sciences participatives ».

  •  Espace « Plongées virtuelles marseillaises » du Parc national des Calanques

Participation via le prêt d'images des missions d'exploration Vidéocor dans les canyons sous-marins méditerranéens. Avec « Virtualcan : Plongée virtuelle dans les canyons des Calanques », le PNC proposera une plongée en 3D sur l'éperon rocheux du canyon sous-marin de Cassidaigne, et la projection d'un film sur les habitats des canyons et les pressions d'origine anthropiques qu'ils subissent.

Forum mondial de l’UICN

L’Ifremer apportera sa pierre à l’édifice des débats :

  •  Synthèse du colloque Ifremer / OFB sur la biodiversité marine

Le PDG de l’Ifremer, François Houllier, présentera les conclusions du colloque « Biodiversité marine : Ensemble, protéger la biodiversité marine, connaître pour agir » organisé conjointement avec l'OFB le 12 mars 2020.

Cette présentation de 30 minutes se tiendra dans l'auditorium du Pavillon France pendant l'UICN, dans la partie institutionnelle du Forum, samedi 4 septembre à 10h30.

  •  Session sur la gestion des espèces exotiques envahissantes 

Amélia Curd (Laboratoire d'Écologie Benthique Côtière – Brest) co-animera une session thématique sur la gestion des espèces exotiques envahissantes (EEE), le lundi 6 septembre de 11h00 à 12h30.

Les chiffres du Congrès :
- 20 000 personnes attendues
- 1300 organisations membres
- 160 pays représentés
- 15 000 experts de commissions
- Ouverture des EGN au grand public (entrée gratuite) : 09h30 - 19h00 (nocturne le samedi 4 jusqu'à 22h00).