Mise à l’eau du premier trimaran éco-conçu : Gwalaz, une belle victoire d’étape

Annoncée lors du dernier Salon Nautic en décembre 2012, la construction de Gwalaz est achevée. A l’initiative de Kaïros, avec le soutien financier de la Région Bretagne et en collaboration avec l'Ifremer, ce premier trimaran en biocomposites, à peine sorti du chantier naval Tricat, a choisi Concarneau pour sa mise à l’eau ce mercredi 29 mai. Un pari gagné sur l’avenir par Roland Jourdain et son équipe.

Ce trimaran de 7,11 m a été conçu à partir de fibre de lin, de liège et de balsa, et de résine partiellement biosourcée. Une vraie rupture technologique, en terme d’éco-conception, grâce aux matériaux issus directement de la biomasse pour s’affranchir des ressources fossiles et penser les filières de recyclage dès la conception du produit.

La mise à l’eau de Gwalaz : de l’espace fermé des laboratoires au grand air du large

Les tests en laboratoires effectués en collaboration avec l’IFREMER Brest et le soutien de l’Université de Bretagne Sud avaient permis de valider le remplacement des composites classiques (fibre de verre, âme PVC) par des matériaux biosourcés : fibre de lin, liège et une résine dont 30% provient de molécules issues du colza.

Restait à relever un défi technologique de taille : atteindre une résistance mécanique élevée, encore jamais testée à cette échelle, en mer. L’équipe du chantier naval Tricat où s’est déroulé la construction, sous la houlette d’Antoine Houdet, s’est adaptée à ces nouveaux matériaux pour permettre la construction de ce trimaran.

« J’ai eu l’impression pendant cette construction de me retrouver à l’époque des premières utilisations des fibres de carbone : tester, rechercher, améliorer, tester à nouveau...A une grande différence près : avec l’éco-construction de Gwalaz, nous faisons un pas de plus pour relever les défis environnementaux tout en gardant l’objectif de performance. C’est passionnant. Cette expérience réussie sur un produit complexe nous ouvre les portes pour développer ce nouveau process sur d’autres applications.» Roland Jourdain

L'Ifremer et Kaïros se sont engagés dans le cadre d'une convention de collaboration afin  de développer les biocomposites. Dans le cas du projet Gwalaz, l'Ifremer a apporté son expertise dans l'étude des propriétés mécaniques et du vieillissement des biocomposites.
Pour en savoir plus, téléchargez l'application/pdf article sur Kairos dans JEC composites magazine

L'aventure ne s'arrête pas là, et maintenant commence l'évaluation dans des conditions réelles...