La pollution chimique des océans: du visible à l'invisible

Gilles Bocquené

Il aura fallu les années cinquante et l’accident majeur de Minamata au Japon (plusieurs centaines de victimes intoxiquées par du mercure accumulé dans les coquillages) pour réaliser que les capacités d’épuration des océans étaient fortes mais limitées. Depuis cette période, les progrès de la chimie et les capacités de production industrielle ont littéralement explosés. Il en résulte une dispersion croissantes de ces molécules synthétisées par l’homme qui pour la plupart termineront leur parcours dans les sols, l’atmosphère, les rivières et finalement dans les océans, ce réceptacle ultime. Cinquante ans après Minamata et malgré une prise de conscience de plus en plus vive des populations face à la pollution, force est de reconnaître que la planète entière porte les traces de cette consommation débridée. Depuis des décennies, les rivières, les fleuves puis l’océan se sont peu à peu chargés des omniprésents plastiques en tous genres jusqu’aux plus insidieuses molécules d’insecticides ou de médicaments. Quelle est la réalité aujourd’hui de cette pollution entre les discours alarmistes des plus pessimistes aux propos rassurants de certaines grandes industries? Des pesticides aux produits pharmaceutiques qui traversent les stations d’épuration, des métaux lourds aux déchets plastiques divers, nous nous efforcerons de faire l’inventaire de ces déchets préoccupants et de ces molécules qui peuvent présenter de réels dangers pour l’écosystème littoral et la santé humaine et qui, à terme, nous empoisonnent l’existence.