Mini-labos in situ pour veiller sur l'océan

Agathe Laës-Huon

L’océan renferme 97 % de l‘eau présente sur Terre et produit plus de la moitié de l’oxygène que nous respirons, grâce entre autres aux éléments chimiques qui le structurent. Cette composition chimique varie naturellement de la surface au fond des mers et d’un océan à l’autre. Elle est malheureusement de plus en plus impactée par les activités humaines (eutrophisation, floraison excessive d’algues vertes, acidification, exploitation des grands fonds…). La bonne santé des mers et des océans est vitale pour notre civilisation et doit être surveillée.

Il existe depuis plusieurs années des réseaux d’observation basés sur des prélèvements et analyses chimiques d’eau le long des côtes comme au large. Cependant il arrive que des phénomènes transitoires importants soient manqués (cycles jour/nuit, pollution accidentelle, tempête…). De plus certains lieux, comme l’océan profond, sont difficilement accessibles.

L’Ifremer travaille sur le développement d’instrumentation miniaturisée pour l’analyse in situ des paramètres chimiques et physiques. Ainsi des mini laboratoires sont embarqués à bord de bouées, de sous-marins ou d’observatoires au fond de la mer afin de réaliser les échantillonnages et analyses de façon totalement autonome et à fréquence élevée. Ces systèmes instrumentaux sont actuellement fiables, précis, capables d’opérer sur de longues durées et de résister à un environnement particulièrement sévère (pression, température). Ils nous permettent ainsi de mieux comprendre le fonctionnement et la dynamique de différents écosystèmes, qu’ils soient côtiers ou hydrothermaux.