Sonar et faune marine : une cohabitation à risques ?

Xavier Lurton et Yves Le Gall

Voici plusieurs années, des échouages de cétacés (Bahamas, Canaries, Grèce) ont été clairement corrélés avec des émissions de sonars actifs militaires. Or les systèmes sonar sont des outils très classiquement utilisés en océanographie, en halieutique et en géosciences marines.

 Dans une perspective de gestion durable de l’océan et des écosystèmes marins, il est donc légitime de se poser la question de l’impact des sonars civils sur la faune marine.

 Mais qu’en est-il réellement ? Les signaux sonores, indispensables pour l’océanographie mais aussi pour de nombreuses autres activités, compte-tenu de leur contenu fréquentiel et de leur amplitude, ont-ils réellement un impact néfaste sur les mammifères marins et sur les poissons ? Quelle part réelle représentent les émissions sonars dans les agressions que subissent les mammifères marins aujourd'hui ? Quelles sont les mesures de précaution prises par l’Ifremer lorsque ces systèmes sonar sont utilisés ?

 Enfin, utilisées à bon escient, les ondes acoustiques émises par des systèmes répulsifs peuvent également soit protéger les mammifères marins en les éloignant des zones à risques (chaluts, zones bruyantes, …), soit sauvegarder certaines activités anthropiques (ostréiculture, mytiliculture) en repoussant les poissons prédateurs des parcs conchylicoles.