La biodiversité de l’invisible : les microalgues, ennemies ou amies ?

Claude Le Bec

La première étape dans l’étude de la biodiversité, au sens de diversité spécifique, consiste en l’identification des
espèces. L’étude de la biodiversité passe donc au préalable par la réalisation d’inventaires qui sont des étapes
indispensables à la connaissance de la biologie. Ici, point de forêts tropicales, point d’océans profonds, mais
uniquement une portion du littoral breton.
En deçà des idées reçues qu’engendrent dans l’inconscient collectif les contrées lointaines et exotiques, nos eaux
métropolitaines, qui sont pour certains le lieu privilégié de leurs insouciances estivales, révèlent encore quelques
surprises !
C’est ainsi que le Laboratoire Ifremer de Concarneau vient de décrire cette année encore de nouvelles espèces de
microalgues récoltées sur les côtes bretonnes et jamais décrites dans les eaux marines de nos récréations balnéaires.
Surtout connues du grand public pour les désagréments intestinaux que peuvent induire indirectement certaines
espèces, les micro-algues sont d’abord le premier maillon indispensable à notre survie sur Terre. En effet, elles sont
les premiers producteurs d’oxygène et de matière organique, maillon fondamental de la chaîne alimentaire sur notre
planète, mais également premier consommateur de dioxyde de carbone, donc jouant un rôle dans la stabilité du
climat.
Ces «petites» nouvelles viennent donc grossir l’inventaire planétaire qui compte aujourd’hui près de 1,8 millions
d’espèces, tous groupes confondus des virus aux mammifères en passant par les plantes.
Nouvelles aujourd’hui, ces microalgues sont peut-être aussi les solutions de demain (pharmacologie, cosmétologie,
biocarburants,…).