Déclaration des chefs de mission à l’arrivée de leur expédition le 9 septembre 1985 à l’Institut Océanographique Woods Hole (États-Unis)

Déclaration de Jean-Louis Michel

« Cette expédition a été planifiée dans les moindres détails à partir des données d’archives, d’études opérationnelles et préparée par des essais du matériel dans les grands fonds. L’Ifremer commença les opérations avec le navire Le Suroît à partir du 1er juillet 1985. Le Suroît accomplit l’effort de recherche principal grâce à son récent sonar remorqué SAR et son magnétomètre. Cet effort fut poursuivi par le navire américain Knorr doté de l’Argo et du véhicule photographique Angus.©Ifremer/Michel Gouillou
La découverte a eu lieu le 1er septembre quand apparut à l’écran l’image diffuse d’une chaudière qui sans aucun doute appartenait au Titanic.
Les jours suivants nous donnèrent l’opportunité de conduire une reconnaissance intensive du site en utilisant à la fois l’Argo et le véhicule océanographique Angus. Nos résultats n’ont pas été obtenus facilement, ils sont le fruit du travail de deux équipes de professionnels oeuvrant sur Le Suroît et sur le Knorr en étroite coordination.
La coopération franco-américaine s’est enracinée sous l’inspiration de Bob Ballard qui a rendu cette découverte possible. Bien plus, le Docteur Ballard a su inspirer parmi nous l’idée que le succès de la découverte doit être assumé avec le plus grand respect en mémoire du Titanic.
L’œuvre accomplie par les deux équipes française et américaine a été techniquement et humainement très difficile, mais c’est avec dignité que le site du Titanic a été exploré. Nous espérons que les travaux dans les mers profondes entre nos deux pays se poursuivront. »

Déclaration de Robert Ballard

©NOAA« L’expédition franco-américaine de cet été est une entreprise hautement technique mettant en œuvre les meilleures technologies de deux pays. Dans le domaine des interventions de recherche sous navire par grande profondeur, la France et l’Amérique sont à égalité.
Mais la campagne de cet été a été aussi l’entreprise personnelle de deux individus qui sont avant tout des êtres humains, un français d’abord et un américain. Jean-Louis Michel, mon co-chef de mission sur le Knorr et sur Le Suroît, est l’un des meilleurs ingénieurs au monde en matière de technologie sous-marine.
Le sonar français Thomson-CSF « SAR », qu’il a mis en œuvre, possède des performances exceptionnelles dans les recherches de détail. Il n’y a aucun doute dans mon esprit que notre succès de cet été est le résultat de ce nouveau système français.
Jean-Louis Michel est un homme paisible et agréable qui pour moi a insufflé l’esprit de la recherche du RMS Titanic alors que nous travaillions côte à côte.
Le RMS Titanic lui-même repose par près de 4000 mètres de fond sur une légère pente alpestre surplombant un petit canyon. Sa proue est tournée vers le nord et il repose normalement sur le fond, ses puissantes cheminées se dressant à la verticale.
Il n’y a pas de lumière et la vie est rare dans ces abysses. C’est un endroit tranquille et paisible qui convient parfaitement pour abriter la relique de la plus grande tragédie marine. Puisse ce site demeurer ainsi à jamais et que Dieu bénisse les âmes des naufragés. »

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