Pourquoi un SINP Mer?

Tout d’abord, parce que l’infrastructure du SINP s’est dès le départ appuyée sur les services déconcentrés du Ministère de l’Ecologie, traditionnellement peu investis en mer, pour des raisons essentiellement historiques. Les DIREN ont en effet, à de rares exceptions près, concentré leurs activités sur le domaine régional terrestre. En revanche, très peu de DIREN avait, en 2008, développé de compétence équivalente en mer (à l’exception des régions d’outremer). De fait, il s’est avéré quasi impossible d’animer un réseau de producteur de données sur le patrimoine naturel marin à partir de ces plateformes administratives régionales.

Ensuite, pour une raison bio-géographique : en terme de pertinence scientifique, en mer plus encore qu’à terre, les limites administratives n’ont pas vraiment de sens et la pertinence régionale s’efface au profit du niveau façade, voire du niveau de l’entité océanographique (mer ou océan). De fait, l’approche régionale sur les dispositifs de collecte de données en mer ne se justifie que lorsqu’il s’agit de patrimoines localisés (cartographie de biocénose, suivi d’un herbier, suivi local d’une population à mobilité réduite ou dont un stade phénologique s’effectue entièrement localement). La plupart des dispositifs n’ont de pertinence en mer qu’à l’échelle minimale de la façade.

Enfin, parce que le SINP s’est développé à partir d’outils conçus pour le domaine terrestre et mal adaptés au domaine marin : référentiels taxonomiques et biocénotiques, référentiels métadonnées, échelles de travail et entités de découpages administratives terrestres, etc…

Il s’est donc très rapidement avéré pertinent d’engager une réflexion sur le développement et l’adaptation du SINP au domaine marin.

Ce travail, beaucoup plus complexe qu’il n’y paraissait au départ, n’a été possible que grâce au croisement des compétences et du dynamisme des établissements qui se sont investit dans le SINP Mer : MNHN, Ifremer et Agence des aires marines protégées, mais également le Centre de recherche sur les Mammifères Marins de l’Université de La Rochelle qui s’est dès le premier jour associé à l’entreprise.