L'échelle de la démarche

La perception par niveau d’échelle permet d’apporter rapidement et de manière objective et cartésienne une cartographie complète des acteurs et de leurs développements techniques.

Deux approches étaient possibles en matière de définition d’échelle ou emprises :

  • Une approche basée sur les entités et échelles administratives (local-façade-nation-continent-monde)
  • Une approche basée sur le découpage biogéographique (local-secteur-sous-région-région-monde).

La première est aisée pour les producteurs comme pour les utilisateurs, habitués à la manipulation de ces échelles. Elle correspond au découpage initial choisi par le SINP terrestre. Mais la seconde a semblé plus pertinente compte tenu des enjeux de conservation qui ne doivent plus être perçu par rapport à des responsabilités administratives mais par rapport à une responsabilité globale partagée qui se raisonne sur la base de compartiments biogéographiques cohérents.

Les échanges qui ont eu lieu entre les services de l’Etat, les établissement publics et les producteurs de données réunis lors des réunions connaissance organisées par l’Agence entre Février et juin 2009 par façade (pour la métropole et les DOM), ainsi que de nombreux travaux antérieurs du MNHN, de l’IFREMER, des stations universitaires et des associations spécialisées, ont ainsi montré l’intérêt, à tous niveaux, d’une approche sur la base de 5 niveaux d’échelles :

NT1 : Monde

NT2 : Région

NT3 : Sous région

NT4 : Secteur

NT5 : Local

Quelle est la plus-value de cette hiérarchie d’échelle ? 

L’emboîtement d’échelle permet donc de pouvoir construire, sur la base des réseaux existants, un tissu d’observatoires et systèmes d’information devant permettre de gérer la donnée du niveau le plus fin d’acquisition jusqu’au niveau global, en utilisant des seuils d’échelle qui permettent de synthétiser l’information d’un niveau à l’autre pour en faciliter l’exploitation et l’agrégation. Cette démarche doit également permettre de développer des outils de collecte, des protocoles et des formats propres à chaque niveau d’échelle.

C’est pleinement le travail du SINP Mer que d’identifier tous les maillons de cette organisation et de les structurer autour d’un projet commun d’enregistrement et de flux de données, lorsque ces maillons sont sous contrôle national, et de structurer et organiser le flux de données vers les maillons régionaux et internationaux qui ne dépendent pas directement de l’autorité nationale.

L’échelle globale

C’est l’échelle qui permet la représentation du globe entier. Elle est utilisée essentiellement pour illustrer et représenter les sciences océanographiques dont la pertinence est perceptible à cette échelle, en particulier l’analyse macroscopique du climat, de la courantologie globale, de la grande bathymétrie ou de l’altitude du niveau des océans et son évolution, et des différents paramètres physico-chimiques qui se lisent à cette échelle (température, salinité, grandes pollutions, …). En acquisition de connaissance, c’est essentiellement l’échelle du travail satellitaire. Du point de vue de la gouvernance, c’est l’échelle des conventions internationales, des conventions des mers régionales et de la gouvernance européenne notamment.
C’est enfin l’échelle de restitution de la répartition des espèces pan-océaniques.

 

L’échelle régionale (basé sur le découpage des mers régionales du Programme des Nations Unies pour l’Environnement : PNUE)

 

C’est l’échelle de gouvernance des enjeux régionaux, des conventions des mers régionales comme OSPAR pour l’Atlantique Nord-est, Barcelone pour la Méditerranée, Cartagena pour la Caraïbe, Apia pour le Pacifique Sud, ou encore Nairobi pour l’Océan Indien. C’est également l’échelle de gestion des accords régionaux de pêche ou d’exploitation minière. C’est enfin et surtout une échelle de cohérence écologique correspondant aux grands bassins biogéographiques.

Cette échelle est également largement utilisée pour l’analyse de certains paramètres tel ici les courants de la Caraïbe. De nombreux patrimoines naturels nécessitent également ce niveau d’échelle, tels les mammifères marins, les oiseaux, les poissons pélagiques ou les tortues, entre autres.

8 régions biogéographiques marines ont été retenues par le SINP Mer, tel que représenté sur la carte ci-dessous :

 

  

L’échelle sous-régionale (basé sur les découpages Large Marine Ecosystems et OSPAR pour la France)

C’est le niveau classique d’intervention des Préfectures maritimes nationales, ainsi que de tous les organismes affiliés. C’est le niveau classique de représentation des données abiotiques (géo-morphologie, sédimentologie, courantologie) appliquées. Beaucoup de mécanismes de financement s’y déclenchent et génèrent ainsi des programmes d’acquisition de connaissances spécifiques qu’il appartient au niveau supra de gouvernance de cette thématique d’intégrer et de compiler. C’est en particulier le cas pour les programmes ZNIEFF mer, et pour les analyses écologiques régionales menées notamment par l’Agence des aires marines protégées dans le cadre de la mise en place d’un réseau cohérent d’AMP.

Les sous-régions ont été définies par couplage entre un découpage politique couvrant les zones sous juridiction française et un découpage par emprise géographique allant de 700 à 2 500 km² de façon à pouvoir les visualiser sur une échelle de restitution comparable.

Les délimitations des sous-régions pour la France ont été précisées selon les travaux de Dinter, 2001. Pour le reste, ces limites doivent être validées auprès des acteurs locaux ou des organismes compétents. Cela représente dans l’organisation actuelle 20 sous-régions en eaux françaises :

 

  

L’échelle secteur

Ce niveau territorial correspond au découpage des sous-régions en 2 à 4 entités géographiques ou politiques (par exemple les régions administratives françaises), soit actuellement 36 secteurs pour l’ensemble des eaux nationales.

 

  

C’est par exemple le cas pour les travaux illustrés ci-dessous :

 

L’échelle locale (Unité de gestion)

Il s’agit là enfin de l’échelle la plus utilisée, aussi bien en production de connaissance sur le patrimoine naturel marin que pour l’utilisation de cette connaissance. C’est le niveau primaire, la brique élémentaire.Le pixel de travail y est compris entre 2,5 m pour le 1/5000ème et 12,5 m pour le 1/25000ème. C’est l’échelle de travail en général de la plupart des AMP (Réserves naturelles marines, Sites Natura2000), du réseau REBENT et de la plupart des autres réseaux de suivi du milieu marin.