Valorisation des données

Participation à l’exploitation des données, notamment dans le cadre de l’identification d’indicateurs dédiés au rapportage

La circulaire du 11 juin 2007 relative à la mise en oeuvre du protocole SINP présente le Système d’Information sur la Nature et les Paysages comme un outil pour favoriser «une synergie entre les acteurs pour la production, la gestion, le traitement, la valorisation et la diffusion des données sur la nature et les paysages.»

Une des spécificités du SINP Mer est la valorisation de ces informations à travers le développement d’indicateurs caractérisant la biodiversité marine et côtière. L’objectif est d’identifier comment les données stockées dans le système d’information peuvent nourrir ces indicateurs. En ce sens, deux grands types d’inventaires complémentaires ont été réalisés à ce jour :

  • L’inventaire des indicateurs de biodiversité marine et côtière issus des conventions et des cadres institutionnels ;
  • Le recensement des dispositifs de collecte susceptibles de contribuer au développement d’indicateurs.

Cette réflexion sur la valorisation des données du SINP est menée en adéquation avec les actuels travaux de l’Agence des aires marines protégées sur les indicateurs de pression et d’usage (via les Tableaux de bords des Mers Françaises (TBMF) et des Aires Marines Protégées (TBAMP)).

Synthèse des indicateurs institutionnels de biodiversité marine et côtière

Les Indicateurs du SINP doivent permettre de souligner les enjeux de conservation de la biodiversité marine, notamment ceux associés à différents engagements européens (Natura 2000 et Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin par exemple) ou conventions internationales (Convention sur la Diversité Biologique et Convention OSPAR par exemple), dont la France est signataire.
A ce titre, un inventaire détaillé des indicateurs institutionnels de biodiversité marine et côtière a été réalisé.

Le recensement s’est déroulé en trois phases :

  • Définition de la grille de lecture : élaboration d’un outil d’aide à la description et à la définition des indicateurs ;
  • Etat de l’art des conventions et textes institutionnels présentant des indicateurs de biodiversité marine et côtière ;
  • Recensement et description des indicateurs via la grille de lecture.

Ce travail de synthèse a été présenté le 15 décembre 2009 à Brest. Il a fait l’objet d’un rapport intitulé «Synthèse des indicateurs institutionnels de biodiversité marine et côtière *», diffusé à la fin du mois de décembre 2009. L’étude a identifié 82 indicateurs institutionnels de biodiversité marine et côtière, s’organisant autour de 5 domaines d’application:

    • Etat et évolution des composantes de la biodiversité : Une partie des indicateurs institutionnels cherche à apprécier l’état et l’évolution des écosystèmes, des espèces et des populations marines et côtières. Ces indicateurs offrent un suivi de la biodiversité souvent fondé sur une estimation de la variation d’abondance d’espèces ou d’étendue d’habitats. Encore très peu d’indices institutionnels traitent actuellement de la biodiversité au niveau génétique.
    • Fonctionnement et intégrité de l’écosystème : Ce domaine d’application regroupe près de la moitié des indicateurs recensés : 40 indicateurs. Ces indicateurs sont utilisés pour évaluer l’état de santé des écosystèmes. Dans ce contexte, la notion d’indicateur de biodiversité est souvent réduite à celle de bio-indicateurs. En d’autres termes, les indicateurs cherchent ici à estimer l’évolution des populations sensibles aux principales forces de changement telles que l’eutrophisation ou la pollution par exemple (ex. : Proportion des guillemots de Troïl ( Uria Aalge) mazoutés parmi ceux qui ont été découverts morts ou mourants sur les plages).
    • Mesures de protection : Certains indicateurs sont proposés par les cadres institutionnels afin de suivre l’évolution des mesures engagées pour protéger la biodiversité. La plupart du temps, ces mesures de protection sont illustrées à travers le nombre ou les surfaces d’aires marines protégées (ex. : Surface des sites Natura 2000 en mer de France).
    • Usages de la biodiversité : Les cadres institutionnels présentent aussi des indicateurs mesurant certains usages de la biodiversité. Ce quatrième domaine d’application concentre des indicateurs évaluant la variation d’abondance de populations utilisées par l’Homme pour se nourrir ainsi que des indicateurs sur l’activité des systèmes d’exploitation (ex.: Empreinte écologique de la pêche, Production annuelle de l'aquaculture en Europe et par pays européens).
    • Autres pressions qui s’exercent sur la biodiversité : Quatre sous-domaines consacrés aux pressions sur la biodiversité s’observent fréquemment dans les textes institutionnels : les espèces invasives, le changement climatique, la pollution et l’eutrophisation. Dans ces différents cas, les indicateurs estiment directement ces quatre principales forces de changement (ex. : Nombre cumulatif d'espèces exotiques en Europe depuis 1900, Cartographie des dépôts atmosphériques d'azote réactif (NOy et NHx)).
Définition d’indicateurs biologiques et socio-économiques permettant à la fois de caractériser le niveau de biodiversité et de suivre l’efficacité des politiques sectorielles mises en œuvre

Il est important d’identifier comment les données stockées dans le SINP peuvent nourrir des indicateurs institutionnels qui ont été définis au préalable. Les dispositifs de collecte recensés par le SINP permettront également de contribuer au développement de nouveaux indicateurs afin de souligner les enjeux de conservation de la biodiversité marine.
Dans ce contexte, un inventaire des dispositifs de collecte des données recensés par le SINP et susceptibles de contribuer au développement d’indicateurs a été réalisé.
Le projet européen SEBI 2010 ( Streamlining European 2010 Biodiversity Indicators), initié en 2004 par l’Agence Européenne de l’Environnement et le Centre Thématique Européen sur la Diversité Biologique, propose un jeu de 26 indicateurs afin de permettre l’évaluation de l’état de la biodiversité, les pressions subies et les efforts fournis. Les dispositifs de collecte recensés par le SINP ont été confrontés à ce jeu d’indicateurs afin de déterminer quels indicateurs pourraient être renseignés par les données collectées.
Une centaine de dispositifs de collecte a pu être associé à un ou plusieurs indicateurs proposés par le projet SEBI 2010. Certains dispositifs de collecte qui n’ont pu être associés à aucun des indicateurs proposés ont révélé la nécessité de développer des indicateurs supplémentaires.

Etablissement d’un état de la connaissance et préfiguration d’une stratégie d’acquisition de connaissance

Un des objectifs stratégiques du SINP est de faire un état des lieux de la production de données sur la nature et les paysages en France, et d’avoir ainsi une vision globale de nos connaissances actuelles sur ces thématiques.
Cet état des lieux, fastidieux mais nécessaire, pourra permettre alors d’identifier nos lacunes dans certains domaines stratégiques, et d’établir ainsi une véritable stratégie d’acquisition de connaissances afin de mieux répartir nos efforts et encourager un travail coordonné des différents acteurs qui collectent la donnée naturaliste en France.

* Fossat J., Pelletier D. et Levrel H., (2009), “Projet Système d'Information sur la Nature et les Paysages, volet mer (SINP-mer) - Synthèse des indicateurs institutionnels de biodiversité marine et côtière”, rapport IFREMER pour le SINPmer, working paper, version 0.2, 109 p.