l'IDCNP: Inventaire des Dispositifs de Collecte sur la Nature et les Paysage

Contexte et historique

Le recensement IDCNP est un des objectifs principaux de la mise en place du SINP. Ce catalogue est l’outil national qui doit assurer le lien entre le terrestre et le marin, la métropole et l’outre-mer, et autour duquel devra se ramifier le futur portail national dédié à la biodiversité.

Il est constitué de fiches qui décrivent les dispositifs de collecte de données, les acteurs et les bases de données associés. Ces fiches constituent ainsi les métadonnées des protocoles mis en place, indiquent sur quelles bases les données sont stockées, et donnent des renseignements succincts sur les acteurs concernés.

Son objectif est de contribuer à un état des lieux partagé de la production, de l'organisation et de la mise à disposition des données relatives au patrimoine naturel français. Il devrait ainsi faciliter l'accès aux données et la coopération entre les acteurs.

Ce catalogue, mis en place dès février 2007, est alimenté par les producteurs de données sur la nature et les paysages via un site Internet participatif (http://inventaire.naturefrance.fr). Ce site est géré et administré par une équipe nationale : Benoît David (coordinateur national du SINP, MEEDDM/DGALN/DEB), Guillaume Malfait (administrateur principal, MEEDDM/CGDD/SOeS) et le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) pour la mise en œuvre système. Un réseau d’administrateurs secondaires, au sein des DIREN et des établissements publics spécialisés, est en charge du recensement IDCNP au niveau régional ou thématique national (CBN, ONCFS, …).

La mise en place de cet outil est une réponse à la Stratégie Nationale pour la Biodiversité (2004), préconisant la création d’un système d’information sur la nature. La création de l’IDCNP a été décidée en 2005 et des groupes de travail spécifiques (principalement terrestres) ont défini les principes et la forme actuelle de ce catalogue. Deux ans plus tard, en 2007, le catalogue était opérationnel et le recensement des acteurs, dispositifs et bases de données était amorcé et se poursuit encore aujourd’hui sous cette forme.

Fin 2008, l’extension du SINP et du recensement aux données marines était décidée. Compte tenu des fortes spécificités de ce domaine (thématiques, emprises d’administration et d’acquisition de connaissances, réseaux d’acteurs), la maîtrise d’ouvrage du SINP est déléguée, pour ce volet, à l’Agence des Aires Marines Protégées (AAMP) pour la coordination (dont animation et logistique), le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) pour la responsabilité scientifique (référentiels et protocoles) et l’Ifremer pour la maîtrise d’œuvre système (projet de portail et mise en interopérabilité des bases de données accréditées).

De janvier à mars 2009, 3 chargés de mission (Gaëlle Simian, Alexandra Gross, puis Laurent Guérin) sont recrutés pour contribuer, au nom de l’ensemble des organismes partenaires (MEEDDM, AAMP, MNHN, Ifremer, Université de La Rochelle) à la mise en œuvre du volet mer du SINP et au renseignement de l’IDCNP.

De juin à décembre 2009, 3 autres chargés de mission (Hélène Falchetto, Amélia Curd et Marion Patin) viennent renforcer cette équipe, répartie entre La Rochelle (Université, Centre de Recherche sur les Mammifères Marins, sous la responsabilité scientifique de Vincent Ridoux), Dinard (station marine CRESCO/MNHN, sous la responsabilité scientifique d’Eric Feunteun) et la Guadeloupe.

Recensement opérationnel du volet Mer

Suite aux réunions de sous-régions marines (façades) de 2009 et aux réunions de secteur (Nord Pas de Calais en février, Aquitaine en juin) de 2010, près de 1000 producteurs de données ont été identifiés par l’équipe SINP Mer. Beaucoup d’entre vous ont ainsi été contactés afin de renseigner l’IDCNP. A ce jour, 310 dispositifs de collecte (DC) sur les données marines ont été enregistrés (seule une centaine sont aujourd’hui visibles via internet, les autres étant en cours de validation). Il est encore trop tôt pour en établir une synthèse objective mais il nous a semblé intéressant de partager les tendances avec vous.
La grande majorité des dispositifs marins renseignés dans l’IDCNP portent sur le benthos. Les dispositifs de cartographie et de suivi des habitats marins d’intérêt communautaire dans le cadre de la rédaction de l’état initial des sites Natura2000 y sont pour beaucoup. Les dispositifs du REBENT ainsi que les dispositifs relatifs aux cartographies des biocénoses des réserves et parcs complètent l’origine de ces dispositifs. Les oiseaux marins ont également la part belle, boostés par l’ensemble des dispositifs de suivis dédiés à l’application de la Directive oiseaux. On y retrouve également, et c’est un point notable mis en lumière par l’IDCNP, la structuration nationale et thématique de réseaux de collecte de données du niveau international jusqu’au niveau local.

 

Les mammifères marins, de part leur caractère emblématique ont suscité de nombreux travaux de suivi. La position particulière de ces animaux dans la chaîne trophique les a rendus vedettes du suivi du milieu marin comme indicateurs de qualité du milieu. Enfin, la structuration de réseaux organisés autour du Réseau National d’Echouage (RNE) par le CRMM de La Rochelle reste exemplaire et a généré des dispositifs locaux structurés autour d’un dispositif national.

Les usages, les pressions mais aussi les dispositifs relatifs au fonctionnement des écosystèmes restent encore marginaux malgré toute l’importance de ces thématiques pour le SINP.

Si l’on regarde maintenant la répartition des DC par secteur géographique, on aperçoit bien sûr la part très importante des secteurs métropolitains (3/4) malgré l’investissement ultra marin du SINP Mer. La Caraïbe, du fait notamment d’un agent permanent du SINP sur ce
secteur, est également bien représentée. La Polynésie, en phase de test, et la Nouvelle Calédonie en cours de rapprochement, devraient
dans les mois à venir développer leur représentation dans l’inventaire. Restent les terres australes et antarctiques pour lesquelles il faudra,
dans les mois à venir, veiller à valoriser le travail déjà conséquent réalisé sur le référencement des DC,notamment par l’IPEV.